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Biocombustibles

En France, le chauffage des bâtiments et des habitations est le premier consommateur d’énergie. Actuellement, la majorité de cette énergie est issue des ressources fossiles - fioul, gaz - qui s’épuisent peu à peu. Les biocombustibles céréaliers offrent des alternatives sérieuses tant sur le plan environnemental que sur le plan économique.

Qu’appelle-t-on biocombustibles céréaliers ?

Il s’agit de coproduits céréaliers (déchets de silos, paille, rafle, …) qui sont utilisés en tant que combustibles. Les biocombustibles céréaliers sont constitués exclusivement de matières d’origine végétale. L’énergie libérée par leur combustion est valorisée sous forme de chaleur ou associée à la production d’électricité. Toutes les espèces céréalières peuvent être utilisées comme biocombustibles. L’énergie libérée lors de la combustion de la biomasse provenant d’un hectare de céréales équivaut à celle de 4 500 litres de fioul, soit la quantité nécessaire pour chauffer deux maisons de 100 m2 à 18°C pendant un an. Un hectare de céréales stocke 10 fois plus d’énergie qu’il ne consomme d’énergie fossile pour être cultivé.

Une source d’énergie renouvelable chaque année, au rythme des récoltes.

Alors que les ressources en énergie fossile diminuent peu à peu, les biocombustibles céréaliers offrent une source d’énergie renouvelable. En effet, les biocombustibles se renouvellent chaque année, au rythme des récoltes. Disponibles sur tout le territoire, ils permettent de diversifier nos sources d’énergie et allègent notre dépendance énergétique.
Conformément aux exigences européennes, les énergies renouvelables devront satisfaire 10 % des besoins énergétiques de la France en 2010. Elles fourniront 21% de l’électricité consommée. La production de chaleur à partir d’énergie renouvelable aura augmenté de 50%.

Pour le chauffage de maison individuelle, les biocombustibles se présentent sous forme de granulés de produits céréaliers, de paille, ou mixtes (pailles – bois…). Ils alimentent une chaudière spéciale qui permet la production de chaleur et d’électricité. On parle de chaudières de petite puissance (< 150 kwh). D’une centaine en 2004, elles devraient être plus de 5 000 à fonctionner pour l’hiver 2007. En 2006, ces chaudières ont permis une économie de 40% sur la facture de combustible par rapport au fioul. En outre, le développement et la fabrication des biocombustibles ouvrent la voie à une nouvelle activité économique en zone rurale.

Dès qu’il s’agit de chauffer plusieurs centaines de m2 de bâtiments, les besoins en énergie dépassent rapidement la centaine de kilowattheures. On parle alors de chaudières de moyennes puissances. Ces installations sont de plus en plus courantes en France : 2 500 m2 de serres horticoles à Saint Léger les Aubées dans l’Eure et Loir, 250 logements à Villeparisis en Seine et Marne et, plus récemment, le Commissariat à l’Energie Atomique de Valduc en Côte d’Or en sont équipés. Inaugurée en mai 2006, cette dernière chaufferie constitue la plus grosse unité valorisant la paille installée en France. D’une puissance de 5 Mw, la chaudière paille et bois fournit les 2/3 des besoins de chaleur du CEA de Valduc.

Elle utilise par an environ 5 000 tonnes de paille et 800 tonnes de bois issues d’exploitations agricoles et de scieries voisines. En termes d’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique, ce sont chaque année près de 6 500 tonnes de CO2 et 29 tonnes de soufre qui sont rejetées en moins dans l’atmosphère.

Pour la production de chaleur industrielle et d’électricité, on utilise des balles de paille ou de plantes entières dans des unités de grosses puissances.

Produire de l’électricité avec les biocombustibles céréaliers

La France, comme les autres pays européens, doit augmenter sa production d’électricité issue de sources renouvelables. La cogénération, ou production d’électricité à partir de biocombustibles céréaliers, offre une solution intéressante : la combustion de produits céréaliers forme de la vapeur d’eau. Cette vapeur active une turbine qui produit de l’électricité.
Des unités de cogénération existent au Danemark et en Espagne mais n’ont pas encore d’équivalent en France. Cependant, des projets d’usine de production de bioélectricité en cogénération sont d’ores et déjà lancés. L’appel d’offres CRE II lancé en décembre 2006 prévoit la fourniture d’électricité à partir de biomasse (300 MW électrique). Plusieurs projets à partir de paille et de coproduits céréaliers seront candidats. Ils proposeront une fourniture d’électricité d’une puissance supérieure à 9 MW.

Une énergie qui n’augmente pas l’effet de serre.

Produire et utiliser des biocombustibles céréaliers ne participe pas à l’augmentation de l’effet de serre. Le CO2 rejeté lors de la combustion est le même que celui que la plante a prélevé durant sa croissance.

Une énergie qui nous permet de diversifier nos ressources.

Transformés en chaleur et en électricité, les biocombustibles céréaliers sont un nouvel atout pour la politique énergétique de la France. Ils offrent une source d’énergie disponible sur notre territoire et adaptée aux besoins locaux.

Ainsi, valoriser nos ressources locales en énergie permet :

  • de diversifier nos approvisionnements ;
  • de maintenir un tissu social dans les régions rurales, en favorisant l’emploi local ;
  • d’assurer une meilleure stabilité du prix de notre énergie, qui est alors moins assujettie aux fluctuations de cours provoqués par les enjeux politiques internationaux.

 

 

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