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Découvrez le voyage d'un grain de blé du champ à l'assiette !
Bioéthanol, biocombustibles, bioplastiques… les utilisations non-alimentaires des céréales.
En France, le chauffage des bâtiments et des habitations est le premier consommateur d'énergie. Actuellement, la majorité de cette énergie est issue des ressources fossiles - fioul, gaz - qui s'épuisent peu à peu. Les biocombustibles céréaliers offrent des alternatives sérieuses tant sur le plan environnemental que sur le plan économique en ouvrant la voie à une nouvelle activité économique en zone rurale.
Il s'agit de matières solides d'origine végétale dont la combustion est valorisée sous forme de chaleur ou associée à la production d'électricité. Les biocombustibles provenant de la biomasse agricole regroupent deux sous-filières : les combustibles à base de cultures dédiées (triticale, orge, chanvre, kenaf, miscanthus...) et les combustibles à base de coproduits (déchets de silos, paille, rafle...).
Toutes les espèces céréalières peuvent être utilisées comme biocombustible. L'énergie libérée lors de la combustion de la biomasse provenant d'un hectare de céréales équivaut à celle de 4 500 litres de fioul, soit la quantité nécessaire pour chauffer deux maisons de 100 m2 à 18°C pendant un an. Un hectare de céréales stocke 10 fois plus d'énergie qu'il ne consomme d'énergie fossile pour être cultivé.
Pour le chauffage de maison individuelle, les biocombustibles se présentent sous forme de granulés de produits céréaliers, de paille, ou mixtes (pailles - bois...). Ils alimentent une chaudière spéciale. La production française de granulés biocombustibles est passée de 17 000 tonnes en 2002 à plus de 350 000 tonnes en 2009....
Les biocombustibles céréaliers peuvent également fournir de l'électricité : au cours de leur combustion, il y a libération de vapeur d'eau ; celle-ci active une turbine qui produit un courant électrique. On appelle cela la cogénération, c'est à dire la production de deux énergies secondaires utilisables : une énergie mécanique (ou électrique) et une énergie thermique. Les rendements énergétiques de centrales de cogénération électricité-chaleur sont très bons, de l'ordre de 85% si toute la chaleur produite est utilisée. A titre de comparaison, ceux des centrales fonctionnant au combustible nucléaire, au fioul ou au charbon ne dépassent guère les 40%.
Des unités de cogénération utilisant des biocombustibles céréaliers existent au Danemark et en Espagne mais n'ont pas encore d'équivalent en France.
L'Europe a pour objectif de passer de 8% à 18% de production d'électricité par cogénération d'ici 2020. Le potentiel de développement est en attente de nouvelles réglementations favorables au développement de cette source d'énergie.