Des agriculteurs motivés pour communiquer vers le grand public
Découvrez le voyage d'un grain de blé du champ à l'assiette !
Bioéthanol, biocombustibles, bioplastiques… les utilisations non-alimentaires des céréales.
Cosmétiques, détergents, textiles, produits d’hygiène ou d’entretien peuvent
aujourd’hui être fabriqués à partir de matières premières céréalières : c’est le
résultat des travaux menés en matière de chimie végétale. Fruits de recherches
sophistiquées, ses champs d’application sont de plus en plus vastes.
Amidon ou plante entière:
Voie royale de la chimie végétale, l’amidon est la
forme sous laquelle la plante stocke l’énergie
nécessaire à sa croissance. Il est possible de le
schématiser comme un collier de perles (appelé
polymère) au sein duquel chaque perle est une
molécule de glucose. La chimie végétale peut également valoriser des pailles, des tiges et des
feuilles, ce qui renforce d’autant son intérêt et ses
champs d’application.
Dans la chimie végétale, l'amidon s’utilise de
multiples façons. Il intervient notamment dans la
fabrication du papier, du carton, de détergents,
dans l’industrie textile et dans l'industrie
pharmaceutique comme substrat de fermentation
ou en tant qu'excipient, liant, dragéifiant, ou
encore en tant que principe actif (sorbitol).
Le développement d’intermédiaires chimiques de synthèse offre par ailleurs un énorme potentiel à la chimie végétale. Ces intermédiaires sont appelés à remplacer ceux issus du cracking du pétrole.
La chimie végétale permet également de produire des tensio-actifs qui sont utilisés dans :
Autre débouché de la chimie végétale, les biosolvants :
Renouvelables, ils présentent de bonnes
propriétés écotoxicologiques et de
biodégradabilité par rapport à leurs
concurrents d’origine fossile.
Selon leurs caractéristiques, on les retrouve
dans :
Issus de matières premières d’origine agricole, les bio-plastiques sont
totalement biodégradables et concourent à limiter l’effet de serre. A leurs
bénéfices environnementaux s’ajoutent leurs avantages économiques et
sociaux.
Les bio-plastiques sont fabriqués à partir de plantes entières, d’amidon extrait des
céréales (blé ou maïs) ou de pommes de terre, et du glucose dérivé de l’amidon. Grâce à
leurs performances et à leurs propriétés spécifiques, ils se développent actuellement
avec succès sur les marchés des sacs, de l’emballage, de l’agriculture et des produits
d’hygiène.
Les principaux débouchés des bio-plastiques se retrouvent dans les secteurs :
Les bio-plastiques offrent une palette de produits adaptés à leur mode d’utilisation : les sacs jetables de faible litrage pour les commerces de proximité et certains usages (ex : emballage des fruits et légumes), les sacs réutilisables ou cabas de grand litrage pour les grandes surfaces et les sacs poubelles pour les déchets organiques.
Films de paillage, attaches agricoles, lien horticoles, le biodégradable permet une économie des coûts de ramassage et un moindre besoin de main d’oeuvre.
L’offre des produits biodégradables est aujourd’hui réellement aboutie pour certains segments de produits comme les emballages de fruits et légumes et les emballages industriels de type chips de calage.
Il s’agit de produits comme les cotons-tiges, les couches…. En plastique traditionnel, les cotons-tiges constituent un véritable casse-tête pour les sociétés de traitement des eaux : du fait de leur étroitesse ils se faufilent dans les trous de toutes les grilles de filtrage et ils sont bien souvent encore présents en fin de traitement. Les cotons-tiges fabriqués à partir d’amidon de céréales apportent une véritable solution en se dégradant complètement dans l’eau.
Bien qu’ils puissent être incinérés, la voie naturelle de la valorisation des bio-plastiques est le compostage. Cette voie est économiquement la meilleure et nécessite un faible niveau d’investissement. La production de compost de qualité, utilisé comme amendement organique en agriculture, offre une solution aux problèmes de récupération de matière à partir des déchets et diminue la quantité de matière organique dans les décharges.
Les bio-plastiques sont biodégradables : leur matière organique suit un processus
naturel de décomposition.
La biodégradabilité est une notion bien précise, définie par la norme NF EN 13432 pour
les emballages et NF U 52 001 pour les plastiques à usage agricole. Ces normes
permettent de ne pas confondre les bio-plastiques avec les plastiques « additivés » qui
ne sont en réalité que fragmentables.
Un matériau biodégradable n’est donc pas un matériau à durée de vie limitée
mais un matériau qui possède la faculté de pouvoir être digéré par les micro-organismes
du sol.
L’intérêt environnemental des bio-plastiques d’origine végétale est indéniable : ils sont à
la fois biodégradables, renouvelables et ils concourent à limiter l’effet de serre. Lesémissions de CO2 sont réduites de 30% à 75% par rapport à celles enregistrées
avec les plastiques d’origine pétrochimique.
Une comparaison des impacts environnementaux des différents types de sacs de caisse
(jetables et cabas réutilisables), réalisée par l’ADEME en septembre 2005, a montré les
avantages des bio-plastiques en termes d’économies d’énergie primaire non
renouvelable, d’émissions de gaz à effet de serre, d’acidification atmosphérique
et de consommation d’eau.
Depuis les années 2000, la production mondiale de polymères biodégradables est passée
de l’échelle pilote à l’échelle industrielle.
• La capacité de production était ainsi estimée à 300 000 tonnes en 2006 contre à
peine 500 tonnes en 1990
• Le marché mondial des bio-plastiques était estimé en 2006 à environ 120 000
tonnes dont la plus grande partie (60%) en Europe.
Actuellement le coût des matériaux biodégradables reste encore au moins 1,5
fois supérieur à celui des plastiques d’origine pétrochimique. Cependant, le
recours aux biomatériaux et la formulation de compositions complexes pour de faibles
tonnages renchérissent les coûts. Les coûts fixes (dont environ 30% sont attribuables à
la R&D) ont une part considérable dans le calcul du prix de revient des bio-plastiques. En
effet, les quantités produites restent encore faibles au regard du potentiel de
développement et les efforts de recherche et de développement considérables.
Il y a donc d’importantes réserves d’économies d’échelle. Celles-ci seront naturellement
réalisées au fur et à mesure de l’augmentation de la demande et donc des quantités
produites : on estime que la compétitivité pourra être atteinte avec une part de
marché de 10% pour les bio-plastiques. Pour mémoire, les plastiques traditionnels
ont connu, après la deuxième guerre mondiale, la même évolution de marché.
Plastiques traditionnels : 6,7 millions de tonnes utilisées
Bioplastiques : 11 000 tonnes utilisées, soit moins de 0,02 % de parts de marché
Plastiques traditionnels : 8 millions de tonnes utilisées
Bioplastiques : 80 000 tonnes utilisées, soit 1 % de parts de marché
Ces chiffres sont susceptibles de varier en fonction des orientations politiques ou des
mesures incitatives adoptées.