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Découvrez le voyage d'un grain de blé du champ à l'assiette !
Bioéthanol, biocombustibles, bioplastiques… les utilisations non-alimentaires des céréales.
Les biocarburants et le bioéthanol ont été au cœur de nombreux débats au cours des derniers mois. Bien que leur utilisation soit prônée en Europe et en France et qu'ils soient plébiscités par les Français (86% d'entre eux sont prêts à les utiliser[1]), ils suscitent encore des interrogations et parfois des oppositions pour des motifs très divers, généralement peu applicables au modèle français et européen.
1. Les biocarburants ont-ils vocation à remplacer totalement le pétrole ?
Ce n'est pas l'objectif. Les biocarburants et le bioéthanol ne sont que l'une des solutions pour assurer la transition énergétique vers un monde, et notamment des transports, qui ne soit plus « tout pétrole ».
En France, l'objectif est que le bioéthanol remplace 7 % de l'essence d'origine pétrolière en 2010, soit un objectif raisonnable.
Selon une étude publiée en juillet 2007 par le cabinet d'analyse économique Global Insight, les biocarburants couvriront environ 15% de la demande mondiale de carburant à l'horizon 2030.
2. Le bilan environnemental du bioéthanol est-il réellement positif ?
Le bilan est positif, en amélioration constante et tenant compte de tous les éléments. Même s'il existe des variations dues aux méthodes utilisées ou aux modes de production différents selon les pays, toutes les études existantes montrent la supériorité environnementale du bioéthanol par rapport à l'essence. L'étude de référence en France, commanditée par l'Ademe et la Direm, conclut à une réduction par deux au minimum des émissions de gaz à effet de serre et à un bilan énergétique plus de deux fois supérieur à l'essence. Une actualisation de cette étude est attendue au printemps 2008.
3. Y aura-t-il assez de surfaces cultivables pour atteindre les objectifs français et européens ?
Oui. Le modèle français de développement du bioéthanol s'appuie sur un potentiel agricole important et sur des matières premières variées (betteraves, blé, maïs...) ; l'objectif de 7 % d'incorporation du bioéthanol dans l'essence en 2010 représente 2,5% des surfaces céréalières et 12% des surfaces betteravières. (Source ONIGC).
4. La production de bioéthanol n'a-t-elle pas un impact important sur les productions alimentaires et donc sur la flambée des prix des matières premières ?
Il n'existe pas en Europe et en France de conflit entre la production de cultures à usage alimentaire et celles destinées au développement du bioéthanol qui restera un débouché complémentaire pour l'agriculture. Les surfaces agricoles françaises existantes suffisent largement aux besoins français en bioéthanol, sans empiéter sur les productions alimentaires, qu'il s'agisse de céréales ou de betteraves. La hausse des prix agricoles est liée à de nombreux facteurs (offre affectée par des conditions climatiques difficiles, forte augmentation de la demande mondiale...). Aujourd'hui, les biocarburants sont très loin de constituer le principal facteur de hausse. Par ailleurs, la matière première agricole ne joue qu'un rôle marginal dans les prix alimentaires comparée à la main d'œuvre ou au coût de l'énergie. Dans le prix d'une baguette de pain par exemple, le blé ne compte que pour 5%.
5. L'utilisation de terres agricoles à des fins énergétiques n'est-elle pas source de nouvelles famines ?
Cette question ne se pose pas pour ce qui concerne les filières bioéthanol en Europe où les surfaces nécessaires à la production de bioéthanol sont compatibles avec un fort courant d'exportation de céréales. Au niveau mondial, l'enjeu réside avant tout dans l'autosuffisance alimentaire des pays les plus pauvres. Ceux-ci demandent d'ailleurs dans ce but l'arrêt des exportations des excédents américains et européens pour renforcer la rentabilité de leur agriculture.
6. N'est-il pas préférable d'importer du bioéthanol plutôt que de développer une production nationale ?
La France a fait le choix d'encourager une filière de production nationale du bioéthanol, à la fois pour des raisons d'indépendance énergétique, pour la création d'emplois ruraux et pour la diversification des débouchés agricoles. Une production domestique permet en outre de peser sur la définition des critères de durabilité mais également de mieux contrôler leur respect.
7. Le développement des biocarburants dans certains pays est-il vraiment durable ?
Cette question se pose effectivement. C'est la raison pour laquelle la Commission Européenne a proposé des critères de durabilité des biocarburants garantissant que les conditions de production des biocarburants utilisés en Europe respectent à la fois des critères environnementaux, économiques et sociaux.
8.Certaines pratiques agricoles ne remettent-ils pas en question l'intérêt environnemental des biocarburants ?
Les exigences pour les cultures « biocarburants » sont aussi fortes que pour les cultures alimentaires. L'agriculture a beaucoup progressé depuis les années 70 et a réduit notablement son empreinte écologique. Entre 1990 et 2005, l'agriculture diminué de 11% ses émissions de gaz à effet de serre alors que, pendant le même temps, les émissions du secteur des transports augmentaient de 22% (Source Citepa). Depuis de nombreuses années, l'agriculture est engagée dans un mouvement de progrès permanent en diminuant l'utilisation d'engrais et de pesticides afin de préserver la biodiversité et les sols. La production de bioéthanol s'inscrit dans une démarche analogue.
9.A-t-on mesuré les effets sur la santé ?
En matière de qualité de l'air, les mesures effectuées par l'IFP (Institut Français du Pétrole) ont montré que l'usage des biocarburants conduit à une réduction des émissions de polluants locaux (au niveau du pot d'échappement). Pour le bioéthanol, le gain est de 60% en matière d'oxydes d'azote (NOx) et de 50% pour le monoxyde de carbone (CO).
10.Pourquoi ne pas attendre les biocarburants de seconde génération dont les bénéfices environnementaux sont encore plus importants ?
La première et la seconde génération ne sont pas dissociables. La première génération a toute sa place : bon bilan environnemental, disponibilité immédiate dans un contexte d'urgence climatique, atouts économiques... Démarrer au plus vite de la manière la plus efficace une production de seconde génération nécessite une technologie qui repose en grande partie sur l'expérience industrielle acquise dans la production de première génération.
Les points clés :
- Le bioéthanol n'a pas vocation à se substituer totalement au pétrole, il permet de sortir d'un monde des transports « tout pétrole » et d'amorcer la transition énergétique.
- Le bioéthanol produit en Europe ne concurrence pas les débouchés alimentaires.
- Il ne génère pas d'effets « collatéraux » sur l'environnement (déforestation, etc.).
- Il améliore la qualité de l'air en réduisant les polluants à l'échappement.
[1] Etude Ipsos réalisée en février 2008