La durabilité, levier du développement de la filière céréalière ligérienne | Passion Céréales

La durabilité, levier du développement de la filière céréalière ligérienne

Si nous avons choisi d’aborder en Pays de la Loire la thématique de la durabilité comme levier du développement de la filière céréalière ligérienne, c’est parce que, depuis plus de 15 ans, grâce à des actions de préservation à travers le maintien de la qualité des paysages, des sols et de la biodiversité et une politique volontariste de la Région, notre région relève le défi de la création de valeur et de la préservation de la terre.

Rappelons que la surface agricole utile (SAU) représente plus de 2 millions d’hectares (35% de la SAU), soit l’une des plus importantes de France proportionnellement à la superficie de la région.

Ce sera tout l’objet de notre sujet, la durabilité, mais nous pouvons souligner d’emblée que les agriculteurs – les céréaliers – multiplient les initiatives pour maitriser l’impact des activités agricoles. Je ne citerais que quelques exemples comme la mise en place de bandes enherbées le long des cours d’eau ou l’utilisation d’outils de pilotage des cultures.

Bien entendu, il est impératif d’envisager la durabilité avec la proximité et les atouts ligériens pour l’export. Dotée d’une façade maritime de 450km, la région dispose de plusieurs ports qui facilitent naturellement les échanges commerciaux et représentent un atout pour l’exportation des grains : Nantes, Saint-Nazaire, Montoir-de-Bretagne, les Sables d’Olonne. Nous parlons ici d’export vers l’Europe – le Portugal, l’Espagne – mais aussi vers l’international – l’Algérie, l’Egypte.

Ainsi, c’est autour de ces questions – la maitrise des impacts, la compatibilité avec la dimension internationale, le respect de la biodiversité – que nous nous sommes réunis le 4 octobre 2018, pour évoquer ensemble ce qui constitue la notion de « durabilité ».  
Représentants de la filière et pouvoirs publics régionaux ont alors pu partager constats, attentes, et solutions, pour valoriser et développer nos activités, grâce au levier compétitif que constitue la durabilité pour les productions agricoles en Pays de la Loire.

D’ailleurs, pour cet évènement partenarial avec la filière céréalière, je suis ravie que nous puissions découvrir et mettre en valeur le site ARVALIS Institut du Végétal, pôle d’innovation et d’excellence de notre région pour l’agriculture.

Bien entendu, au niveau de la Région, nous sommes particulièrement attentifs à l’agriculture qui représente 20 % du PIB régional et plus de 10 % de nos emplois.

Un des axes que nous privilégions dans la Région est celui de l’innovation, car nous sommes convaincus que l’innovation est un levier de durabilité, par exemple en favorisant la mise au point de variétés de plantes plus résistantes aux impacts climatiques, qui permettent d’utiliser moins d’eau et moins de produits phytosanitaires. Nous travaillons également de manière concrète sur la disponibilité et la qualité de l’eau. Tous ces dossiers trouvent leur place dans un triptyque "économie-environnement-social".

Je voudrais dire aussi que notre agriculture est étroitement liée à d’autres secteurs clés de notre économie, comme la gastronomie et le tourisme. C’est pour cela qu’il est important de travailler de manière transverse, de créer de la valeur ensemble, dans une notion de filière et non "en silo", avec une segmentation entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs. Cette rencontre que nous propose aujourd’hui Passion Céréales est une initiative qui contribue au nécessaire décloisonnement et qui reflète cette vision stratégique de filière.

Cette matinée permettra aussi d’envisager des notions qui font parfois débat, comme celle de proximité. Est-elle une condition indissociable de la durabilité ? Je ne crois pas : le "manger local" et la nécessité de contribuer aux flux nationaux et internationaux ne sont pas des notions opposées. Nous pouvons nous s’inscrire dans la durabilité tout en exportant au-delà des frontières régionales.

En conclusion, je dirais que nous souhaitons que la profession prenne conscience qu’elle est extrêmement positive pour le climat. Dans cette perspective, la Région se doit d’être offensive, force de propositions en amont. C’est ensemble que nous pourrons avancer sur le terrain de la durabilité, pour l’avenir de notre région et de nos professionnels. J’espère que cette matinée d’échanges nous permettra d’en prendre conscience.

Un territoire à forte vocation agricole

« Au-delà de ces données brutes, la première particularité régionale est que les céréales sont ici très liées au monde animal, souligne Dominique Defay, délégué régional Passion Céréales en région Pays de la Loire. Une grande partie de la production céréalière – environ 2 millions de tonnes – est valorisée sous forme d’aliments pour animaux dans les 45 unités de production que compte la région. » Autre atout pour la filière, les Pays de la Loire possèdent une forte concentration de moulins : ils écrasent chaque année plus de 670 000 t de blé tendre, ce qui en fait la seconde région meunière de France. Par ailleurs, la région se caractérise par une production significative de céréales bio à laquelle se consacrent plus d’un millier d’exploitations. « Enfin, précise Dominique Defay, nous avons la chance de disposer d’une large façade maritime dotée d’infrastructures portuaires (Nantes-Saint-Nazaire, La Rochelle, Sables d’Olonne) qui favorisent les activités d’export, pour la production régionale mais aussi pour les céréales issues d’autres régions qui transitent dans nos terminaux portuaires. »

Selon Lydie Bernard, vice-Présidente de la Région Pays de la Loire en charge de l’Agriculture, le secteur céréalier se distingue également par sa capacité à travailler en filière. « Alors que l’on a encore trop tendance dans certains domaines à travailler "en silo", avec une segmentation entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs, je trouve cette approche très intéressante, notamment dans le contexte de négociations post-Pac que nous menons actuellement au niveau de l’Union européenne, développe-t-elle. Au niveau de la Région, nous sommes particulièrement attentifs à l’agriculture qui pèse 20 % du PIB régional et représente plus de 10 % de nos emplois. D’autant plus que l’agriculture est étroitement liée à d’autres secteurs clés de notre économie, comme la gastronomie et le tourisme. D’où l’importance de travailler de manière transverse ! Cette rencontre que nous propose aujourd’hui Passion Céréales est une initiative qui contribue au nécessaire décloisonnement et qui reflète cette vision stratégique de filière. »
 

Quand l’économie rejoint les aspirations environnementales et sociétales

Côté actions, la région Pays de la Loire a choisi de faire porter son engagement sur les aides aux agriculteurs. À cet effet, elle s’est dotée d’une véritable « boîte à outil » comprenant, en premier lieu, des subventions destinées à l’investissement et à la modernisation dans le cadre des plans de Compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE). « Le second axe que nous privilégions est celui de l’innovation, poursuit Lydie Bernard. Notre conviction est que l’innovation est un levier de durabilité, par exemple en favorisant la mise au point de variétés de plantes plus résistantes aux impacts climatiques, qui permettent d’utiliser moins d’eau et moins de produits phytosanitaires. Nous travaillons également de manière concrète sur la disponibilité et la qualité de l’eau. Tous ces dossiers trouvent leur place dans le triptyque "économie-environnement-social" précédemment évoqué. »

En aval de la filière céréalière, les acteurs de la transformation s’inscrivent dans la démarche durabilité en composant avec leurs propres contraintes, à l’image de pratiques mises en œuvre dans la meunerie. Ainsi que l’explique Bruno Guibert, directeur général de la minoterie Dixneuf, « les meuniers ont des besoins particuliers en termes de qualité des blés, car ceux-ci doivent répondre à certaines exigences liées à la panification. Au-delà de ce critère nous veillons à nous approvisionner à 100 % avec des blés récoltés sur la région dans une approche en circuit court qui inclut également les boulangers et les consommateurs. Nous privilégions aussi les blés issus de la culture raisonnée, notamment ceux certifiés CRC, plus connus sous le label « Les blés de nos campagnes », qui offrent des garanties de qualité et de respect l’environnement(2) Les boulangers et leurs clients sont très demandeurs de ces démarches qui participent d’un modèle plus durable et qui nous permettent de mieux valoriser nos productions. » En générant ainsi de la valeur ajoutée, la durabilité crée une dynamique favorable à l’ensemble de la filière et adaptée aux attentes des citoyens-consommateurs. Un exemple de cercle vertueux où l’économie rejoint l’environnemental et le sociétal…

  1. Traduction de l’expression anglaise sustainable development, le terme de « développement durable » apparaît officiellement pour la première fois dans un rapport présenté en 1997, à l’ONU, dans le cadre de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement présidée par la norvégienne Gro Harlem Brundtland.
  2. La démarche CRC a pour vocation de produire des céréales saines et de qualité dans le respect de l'Homme et de la Nature. Elle réunit sur toute la France 1 500 agriculteurs, une trentaine de coopératives et négoces, une quarantaine de moulins, une dizaine d'industriels, cinq distributeurs et des artisans boulangers.

Offrir des garanties aux consommateurs locaux comme à ceux des pays tiers

Un point de vue auquel souscrit Jean-Paul Bordes, qui rappelle qu’à l’extrémité de la chaîne export, « il y a un boulanger qui, même s’il ne fait pas le même pain que nous, a les mêmes attentes que le boulanger de notre village ou de notre quartier. La différence, c’est que nous sommes là-bas en compétition avec des productions issues de pays qui n’ont pas les mêmes modes de production, les mêmes contraintes que les nôtres… De plus, nous devons nous adapter à l’évolution de nos marchés extérieurs, comme le Maghreb, où les consommateurs recherchent des aliments plus riches en protéines, plus variés et nécessitant des procédés de fabrication plus complexes. » Afin d’y répondre, les agriculteurs français ont fait monter en gamme leur production, qui est passée de 73 % de blés panifiables à la fin des années 1990 à 96 % en 2018. Parallèlement, la teneur en protéines des blés a été constamment renforcée.

Pour relever ces défis, les producteurs se sont appuyés sur les avancées proposées par l’organisme expert dédié à la filière, ARVALIS-Institut du Végétal. « Nous avons travaillé simultanément sur l’amélioration variétale et sur la fertilisation azotée, car il y a un lien étroit entre la teneur en azote du sol et la richesse en protéines de la plante, détaille Jean-Paul Bordes. Et tout cela se fait dans une optique de durabilité. Par exemple, nous avons développé des outils qui permettent de raisonner la fertilisation azotée tout en tenant compte des paramètres climatiques de l’année. Ainsi, nous essayons de progresser conjointement dans l’efficience et la durabilité pour être mieux armés que nos concurrents sur les marchés internationaux. »

Le lien économie-climat-consommateur est une réalité contemporaine sur laquelle s’accordent les observateurs. Comme le souligne Bruno Guibert, « les investissements de communication engagés en lien avec la Confédération de la boulangerie-pâtisserie auprès des consommateurs sur les thèmes des circuits courts et de la production locale ont eu un impact positif, et le doublement de notre budget communication a fait progresser notre chiffre d’affaires d’environ 12 %. Par contre, le mot "durabilité" n’apparaît pas en tant que tel dans nos actions car il est moins bien appréhendé par le public que les notions de circuit court et de manger local. » « Il vrai que si les professionnels partagent la même vision de cette question, il y a un travail à accomplir vis-à-vis du grand public qui assimile souvent le développement durable à l’environnement en oubliant les autres dimensions, notamment l’économique… », rebondit Lydie Bernard.
 

L’innovation au service du développement durable

Une innovation actuellement expérimentée sur la station de La Jaillière vise à développer des variétés d’orges tolérantes à une maladie transmise par les piqûres de pucerons. Parallèlement, d’autres axes de travail sont mis à contribution, à l’image du biocontrôle. Cette approche novatrice vise à lutter de manière indirecte contre des maladies en stimulant la défense immunitaire de la plante. « Nous en sommes seulement au début et c’est une voie complexe, surtout pour les céréales, note Jean-Paul Bordes. De plus en plus de travaux s’y consacrent et l’on commence à déboucher, dans d’autres cultures, sur des solutions qui divisent par deux les utilisations de fongicides. »

Encore plus étonnant, les chercheurs se penchent aujourd’hui sur l’écologie sensorielle. Basée sur la technologie des parfums, elle consiste à utiliser certaines substances émises par les plantes (appelées « kairomones ») que les insectes reconnaissent, afin de détourner ceux-ci des cultures en les attirant vers des pièges où ils sont capturés. Une première application a été mise au point pour lutter contre un ravageur du pois et, à terme, cette approche pourra être utilisée contre d’autres ennemis des cultures comme la pyrale du maïs. Dans une démarche proche de l’écologie sensorielle, La Jaillière expérimente également des plantes pièges capables d’attirer les insectes et de les capturer.

Si ces techniques sont prometteuses, elles n’offrent en revanche pas de perspectives en ce qui concerne le problème du désherbage. Dans ce domaine, ARVALIS-Institut du Végétal a choisi d’explorer les possibilités offertes par les robots. Comme l’explique Jean-Paul Bordes, « nous travaillons sur des robots qui, lâchés dans une culture, savent repérer les mauvaises herbes et les traiter au plus près, chimiquement ou mécaniquement, voire thermiquement. C’est un axe qui progresse très vite ! »

Accompagner les agriculteurs sur les voies de la durabilité

Au cours des dernières années, le monde de l’agriculture s’est largement ouvert aux avancées technologiques, notamment grâce au numérique qui a favorisé l’implantation d’applications spécialisées et d’outils d’aide à la décision de plus en plus pointus. Pour Lydie Bernard, « le défi actuel est de faire prendre conscience aux agriculteurs qu’ils sont pleinement acteurs de la lutte contre le dérèglement climatique. En premier lieu parce que leurs cultures ont la capacité de fixer des quantités importantes de carbone ! » Il est vrai que si l’agriculture est un secteur émetteur de gaz à effet de serre, à hauteur de 20 %, comparable à d’autres secteurs comme l’industrie ou le logement, cette estimation ne prend pas en compte le phénomène de captation de CO2 opéré par la photosynthèse chlorophyllienne des plantes. Ainsi, le blé recycle quatre fois plus de carbone qu’il n’en a été émis pour le produire, et les cultures intermédiaires contribuent, elles aussi, à rediriger une partie du CO2 de l’air vers le sol.

« Par ailleurs, reprend Lydie Bernard, les agriculteurs ont tout intérêt à intégrer les démarches de développement durable dans une vision globale de l’exploitation. La formation joue à cet égard un rôle déterminant. Ainsi, dans notre région, nous avons institué un dispositif incitatif baptisé « démarche de progrès » : lorsqu’un agriculteur reçoit une aide, il a l’obligation de suivre une formation de deux journées et demi qui aborde notamment les questions de durabilité et de retour sur investissements des démarches durables. Les évaluations que nous avons réalisées montrent que 97 % des agriculteurs ayant suivi une formation au développement durable considèrent que cela a apporté de la valeur ajoutée à l’exploitation... »

Valoriser l’effet « filière »

Au sein de la filière céréalière, l’agriculture n’est pas le seul secteur à prendre en compte la durabilité. Les acteurs de la nutrition animale, par exemple, l’ont bel et bien intégrée. Comme le rappelle Jean-Yves Hardy, directeur général de Huttepain Aliments : « nous sommes un maillon entre les productions végétales et animales. À ce titre, nous portons une part des attentes exprimées par les consommateurs, qu’il s’agisse du bien-être animal, de la qualité et de la traçabilité de l’alimentation, ou encore du manger local… Nous y répondons déjà par la proximité de nos usines, qui sont implantées au milieu des zones de cultures céréalières, et par nos approvisionnements, qui viennent de moins de 60 km. De plus, nous bénéficions des atouts offerts par la structuration en filière. Cela permet de réunir les acteurs afin d’apporter des réponses coordonnées au consommateur sur l’origine, les méthodes, la transparence... »

Les apports de l’organisation en filière sont aussi soulignés par les acteurs de la collecte et du négoce. Comme l’explique Michel Legeay, président de la coopérative CAPL, « la production contractuelle crée un cadre favorable à la durabilité. Par ailleurs, nous encourageons l’allongement des cycles de rotation culturale et la diversification (sarrasin, millet, quinoa…) qui améliorent la résistance naturelle des cultures. » Enfin, l’intégration des notions de durabilité contribue, avec la qualité, à l’avance prise par la filière céréalière française par rapport à ses concurrents.

Autre atout, la France est reconnue pour la régularité de ses productions. Non seulement parce qu’elle est soumise à des variations climatiques moins marquées que d’autres pays, mais aussi parce qu’elle a intégré les impératifs de durabilité dans ses pratiques, par exemple en ce qui concerne la prévention des impacts liés au réchauffement climatique. Une vision plus que stratégique car, comme le rappellent Jean-Paul Bordes et Dominique Defay, les modifications climatiques sont le premier défi que la filière céréalière devra relever dans les prochaines années. Avec, au centre, un enjeu majeur incarné par la question de l’eau, qui se pose à la fois en termes de qualité et de gestion de la ressource. C’est précisément l’un des axes de recherche auquel se consacre la station expérimentale de La Jaillière.

Nos conclusions

Etre capable de travailler de manière transverse prend tout son sens en région Pays de la Loire qui témoigne de sa vision stratégique de sa filière.

Quand l’économie rejoint les aspirations environnementales et sociétales

Si la notion de durabilité est un concept parfois encore un peu flou, professionnels et élus s’accordent sur une définition combinant trois types de performances : la rentabilité économique, l’efficacité environnementale et la valeur ajoutée sociale. La performance économique demeure toutefois une condition sine qua non pour l’agriculture, dans un contexte économique volatile marqué par des variations de forte amplitude et sujette à de fortes variations climatiques.

C’est pour cela que la Région Pays de la Loire s’engage via des aides aux agriculteurs, avec une véritable « boîte à outils » comprenant des subventions destinées à l’investissement et à la modernisation dans le cadre des plans de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE) et une aide à l’innovation. Les acteurs privés agissent aussi, à l’image des acteurs des meuniers de la Région qui développent une approche en circuit-court et privilégient les blés issus de la culture raisonnée, certifiés garantie de qualité et de respect de l’environnement. Enfin, créatrice de valeur ajoutée, la durabilité créé une dynamique favorable à l’ensemble de la filière et adaptée aux attentes des citoyens-consommateurs.

Offrir des garanties aux consommateurs locaux comme à ceux des pays tiers

Si la proximité apporte des gages en termes de qualité, de fraicheur, de soutien aux productions locales et de bénéfices pour le climat par la diminution des transports, il n’est pas question d’opposer le « manger local » aux nécessités de contribuer aux flux nationaux et internationaux.

Les Pays de la Loire s’adaptent également à l’évolution des marchés extérieurs, comme le Maghreb, et font monter leur production en gamme pour répondre à une demande d’aliments plus riches en protéines, plus variés. Les producteurs ont à ce titre pu s’appuyer sur les avancées proposées par l’organisme expert dédié à la filière, ARVALIS Institut du Végétal.

L’innovation au service du développement durable

Secteur sensible à l’innovation, la filière s’est dotée, avec ARVALIS Institut du Végétal, d’un organisme de recherche appliquée qui s’appuie sur l’innovation technologique dans le but d’apporter aux agriculteurs des solutions qui concilient performance économique et environnementale, rapidement mises en œuvre sur le terrain.

Trouver des alternatives aux produits phytopharmaceutiques, développer des variétés d’orges tolérantes à une maladie transmise par les piqûres de pucerons, le biocontrôle, l’écologie sensorielle ou encore le désherbage, sont autant d’axes de travail développés par l’institut.

Accompagner les agriculteurs sur les voies de la durabilité et valoriser l’effet filière

Un défi demeure : faire prendre conscience aux agriculteurs qu’ils sont pleinement acteurs de la lutte contre le dérèglement climatique. Le blé recycle en effet quatre fois plus de carbone qu’il n’en a été émis pour le produire, et les cultures intermédiaires contribuent, elles aussi, à rediriger une partie du CO2 de l’air vers le sol.

Pour la Région, les agriculteurs ont tout intérêt à intégrer les démarches de développement durable dans une vision globale de l’exploitation. La Région mise aussi sur la formation les questions de durabilité et de retour sur investissements des démarches durables, obligatoire lorsqu’un agriculteur reçoit une aide.

« La Jaillière » : une station de recherche appliquée au cœur des activités agricoles des Pays de la Loire

La station est organisée autour de trois pôles : l’innovation agronomique (état et travail des sols), les fourrages (impact des pratiques sur la valeur alimentaire du fourrage), les pratiques culturales et environnementales (maîtrise des impacts sur la qualité de l’eau et de l’air). Parallèlement, La Jaillière propose des formations et apporte aux agriculteurs l’expertise d’ARVALIS-Institut du Végétal dans le domaine du pilotage des cultures et de l’efficience économique des exploitations.

Créée dans les années 1980, La Jaillière est considérée comme une structure pilote sur les questions liées à la ressource en eau. Afin d’étudier les relations entre pratiques culturales et transferts de solutés, un important dispositif a été mis en place. Les parcelles sont équipées de drains pour récupérer l’eau de drainage et d’un équipement spécifique à la collecte de l’eau de ruissellement. Les débits d’eau sont mesurés en continu et des échantillons sont prélevés pour analyse. Ainsi, pour chaque culture et/ou pratique agricole mise en place sur une parcelle, les équipes sont en mesure d’étudier les transferts de minéraux et de produits phytosanitaires dans le but de mieux comprendre ces phénomènes et de formuler des conseils opérationnels pour les éviter.

Ainsi que l’explique Alain Dutertre, responsable de la station de La Jaillière, « ces références ont largement contribué à l’élaboration d’outils de diagnostic et d’aide à la décision dans le domaine de la protection de la ressource en eau. C’est ici qu’a, entre autres, été testé et validé le principe des bandes enherbées. Actuellement, nous étudions l’impact des choix de succession de cultures (maïs, blé…) et l’apport des couverts permanents, comme par exemple le trèfle blanc. »

Depuis l’évaluation de la capacité du système racinaire du trèfle à fixer l’azote dans le sol puis à le restituer à la culture principale jusqu’à la maîtrise des ravageurs (notamment les limaces) par comparaison avec des parcelles sans couverts, en passant par la protection du terrain en période hivernale (porosité, perméabilité), la fixation du dioxyde de carbone ou encore le potentiel de drainage et d’assainissement des couverts : les cibles placées dans la ligne de mire des chercheurs ne manquent pas...