Comment l’industrie de la nutrition animale valorise les céréales… et réciproquement | Passion Céréales

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Dossier

Comment l’industrie de la nutrition animale valorise les céréales… et réciproquement

Parce que bien nourrir les animaux d’élevage, c’est aussi bien nourrir les hommes, la nutrition animale représente un enjeu majeur dans la chaîne alimentaire humaine. En tant qu’ingrédient clé des rations, les céréales contribuent à la qualité nutritionnelle des produits carnés, des œufs et du lait. En privilégiant les céréales produites en France, l'industrie de la nutrition animale donne aux consommateurs des garanties supplémentaires en termes de traçabilité et de proximité.


Bovins, volailles, porcs… Qu’ils soient élevés pour la viande, les œufs ou le lait, tous les animaux élevés pour l’alimentation humaine consomment quasi essentiellement des aliments à base de céréales et de coproduits issus de la transformation des céréales. Pour satisfaire ces appétits, l’industrie de la nutrition animale utilise chaque année environ 10 millions de tonnes de céréales, soit 15 % de la production nationale, pour produire 21 millions de tonnes d’aliments. Ces rations sont généralement complétées par des fourrages produits par les éleveurs.

Les volailles arrivent en tête des animaux consommateurs de céréales ou d’aliments composés de céréales. En 2014, elles ont ainsi picoré 8,7 millions de tonnes d’aliments, soit 41 % de la production industrielle, devant les porcs (24 %) et les bovins (22 %) [1]. Pour approvisionner les 291 000 élevages français, les 190 entreprises du secteur ont choisi de s’implanter à proximité des élevages et de privilégier les céréales locales. Cette vision a donné naissance à un important réseau de transformation (300 usines) réparti de manière pertinente sur l’ensemble du territoire métropolitain et dans les DOM-TOM. Au plus près des besoins des éleveurs, les profils et volumes de production varient selon les régions et les activités agricoles dominantes : avec par exemple, des aliments pour les porcs en Bretagne, pour les volailles en Aquitaine, pour les bovins en Bourgogne, Franche-Comté, Auvergne...

Véritables pivots entre les productions végétales et animales, ces acteurs de la filière céréalière contribuent au tissu économique des zones rurales : ils emploient 12 000 personnes et réalisent un chiffre d'affaires de 7,4 milliards d'euros en 2013, situant la France au 2e rang des producteurs européens d'aliments pour animaux, derrière l'Allemagne.

Comme les humains, les animaux ont besoin d’une alimentation intégrant les grandes familles de nutriments : protéines, glucides, fibres, vitamines, minéraux. Les rations et compositions d’aliments sont établies en fonction de différents critères (espèce, âge, mode d'élevage…), de manière à être équilibrées, digestibles et porteuses des nutriments nécessaires au développement de l’animal.

Côté énergie, les céréales représentent en France la principale source de glucides utilisée par les fabricants, en premier lieu le blé tendre, le maïs et l’orge, mais aussi le triticale, le sorgho, l’avoine et le seigle. Certains coproduits, comme le son et le remoulage issus de la fabrication de la farine, sont également valorisés dans cette filière. Côté protéines, on utilise aujourd’hui de plus en plus les tourteaux d’oléagineux (colza, tournesol, lin,…), de protéagineux (pois, féveroles, lupin) et la luzerne qui, produits en France, limitent les importations de tourteaux de soja. À cette production locale s’ajoutent également les coproduits issus de la fabrication de sucre et de la distillation : pulpes de betterave sucrière, drêches [2] de blé et de maïs produites lors de la fabrication de bioéthanol. Les fibres, quant à elles, proviennent en grande partie des fourrages produits sur les exploitations, notamment pour les ruminants.

Pour fabriquer des aliments sains et sûrs, les matières premières comme les céréales sont sélectionnées avec rigueur et des milliers de contrôles qualité sont réalisés chaque année. Outre le respect des normes européennes, producteurs et fabricants travaillent en filière sur les conditions de récolte et déploient leurs propres plans de surveillance pour assurer la sécurité et la traçabilité de tous les produits.

Grâce aux progrès favorisés par la recherche en nutrition animale et par la connaissance approfondie des matières premières, les qualités nutritionnelles et gustatives de la viande, des œufs ou du lait sont en constante amélioration. La prise en compte des caractéristiques de chaque approvisionnement en céréales et des besoins de chaque animal permet de composer des aliments offrant un profil qualitatif constant et optimal. Grâce à cette maîtrise, les viandes sont aujourd’hui moins grasses et le lait plus digeste…

Le fait que 80 % des matières premières utilisées pour nourrir les animaux d'élevages français soient produites en France représente un facteur déterminant en faveur de la qualité, mais aussi en termes d’autonomie alimentaire et de développement économique. Ainsi, au cours des dix dernières années, l'industrie de la nutrition animale a diminué de 25% ses importations, notamment celles des tourteaux de soja provenant du continent américain. Pour ce secteur partenaire de la filière céréalière française, l'enjeu des années à venir sera de maintenir sa compétitivité tout en continuant à privilégier les ressources locales qui offrent les garanties de qualité sanitaire et nutritionnelle, de transparence et de traçabilité attendues par les consommateurs.

 

[1] Source : Coop de France Nutrition Animale-SNIA
[2] Résidus de la distillation des céréales

Sources : Passion céréales, Coop de France Nutrition Animale, SNIA