Cultiver une céréale, un savoir-faire à l’épreuve du temps | Passion Céréales

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Dossier

Cultiver une céréale, un savoir-faire à l’épreuve du temps

Pain, pâtes, biscuits, bière. Les céréales sont à la base de notre alimentation quotidienne. Leur diversité est le fruit du travail des céréaliers : du choix de la variété jusqu’à la date de moisson, le producteur arbitre et adapte ses techniques en permanence. Avec savoir-faire, il veille à la qualité des grains pour répondre aux exigences de chaque produit…tout en restant tributaire de la météo !


Un pain croustillant, une bière au goût intense, des pâtes riches. Chaque produit céréalier est issu d’un savoir-faire agricole spécifique, fondé sur le choix d’une variété et d’une sélection de techniques adaptées. Avec toujours un même objectif : réussir une céréale de qualité, qui réponde aux besoins des meuniers, des malteurs, des amidonniers, des semouliers... pour le plaisir des consommateurs.

Dès la première étape, le choix de la variété à semer, le producteur analyse des informations de nature très diverses, comme la qualité agronomique des sols, le climat local et les utilisations des futures céréales produites (pour du pain, de la bière, etc.). Car la qualité du produit final se raisonne dès le choix de la variété ! Les malteurs éditent chaque année une liste de variétés d’orge préférées. Les meuniers demandent par exemple des variétés de blés tendre pouvant donner des grains riches en protéines, essentielles à la panification.

Une fois sa variété de céréales choisie, le producteur sélectionne la parcelle où il va semer. Il appuie son choix sur l’historique de son activité agricole, ainsi que sur deux règles agronomiques fondamentales : ne pas semer la même culture deux fois de suite sur une même parcelle, et respecter un ordre de succession des céréales pour optimiser les ressources du sol et limiter le développement de maladies et de mauvaises herbes. C’est la rotation !

Le semis est une phase délicate et cruciale. Cruciale, car de sa réussite dépend la qualité de la récolte, et donc une partie du revenu du céréalier. Délicate, car les paramètres à prendre en compte sont encore une fois nombreux : date d’intervention, travail du sol, densité et profondeur de semis, présence de ravageurs se nourrissant de semences, quantité d’eau disponible dans les premiers centimètres de sol…La décision du producteur repose sur un savoir expert, mais la réussite du semis reste dépendante du sol, de la météo et des ravageurs !

Selon les céréales, les semis sont effectués au printemps, comme le maïs, ou en hiver comme le blé tendre. Pour assurer leur bonne croissance, le céréalier apporte des éléments nutritifs, sous forme minérale et organique. Grâce à son expertise et avec l’aide d’outils de mesure, il ajuste la dose et choisit la date propice pour fertiliser, toujours en accord avec la météo locale. De cette bonne nutrition dépendra la qualité du grain !

Du semis jusqu’à la récolte, une céréale d’hiver, comme l’orge, met neuf mois pour arriver à maturité ; alors que la céréale de printemps, comme l’avoine, boucle son cycle biologique en quatre mois seulement. Durant toute cette période, une information météo précise est essentielle pour le céréalier, car l’humidité et les températures conditionnent le développement des bio-agresseurs, c’est-à-dire les maladies et ravageurs. Autant de risques pour le producteur de ne pas conduire la céréale jusqu’à la récolte !

Le céréalier dispose d’un éventail de techniques pour sécuriser la maturation des grains et la qualité du produit final : elles sont chimiques, mécanique et biologiques. À lui de choisir en fonction du risque, du cahier des charges et de son équipement…c’est par un savant mélange, et une adaptation permanente, que le producteur soigne ses épis tout au long de leur développement.

La lutte biologique recourt à des organismes vivants pour lutter contre les insectes ravageurs essentiellement. Face aux maladies, la recherche progresse sur la génétique pour des variétés plus résistantes. Contre les mauvaises herbes, le binage reste l’action mécanique la plus efficace ; tandis que le choix de la rotation des cultures et la gestion du sol entre les cultures constituent les principaux leviers agronomiques.

Quand le niveau d’infestation est trop important, les produits phytosanitaires sont utilisés : fongicides contre les champignons qui provoquent des maladies, insecticides contre les ravageurs et herbicides contre les mauvaises herbes. Ces produits chimiques s’utilisent dans le respect des bonnes pratiques sanitaires et environnementales. Malgré toutes ces techniques de protection, l’agriculteur n’est jamais certain de réussir sa production, tant que la moisson n’est pas faite.

Lorsque le mois de juin arrive, c’est l’heure des moissons d’’orge. Le blé se récolte à partir de début juillet, le maïs en octobre. Il reste au céréalier à prendre une dernière décision : prévoir la bonne date de moisson. Encore une fois, tout est question de climat et de maturité des céréales : avec les protéines, le taux d’humidité est le second critère indispensable à la qualité du grain récolté, en vue de la fabrication d’un pain, d’un biscuit, de pâtes ou de bière… Lorsque ces deux paramètres sont réunis, le céréalier peut récolter !