Les céréales au rendez-vous des enjeux climatiques et environnementaux | Passion Céréales

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Dossier

Les céréales au rendez-vous des enjeux climatiques et environnementaux

Placé sous le thème de « l’agriculture en mouvement », le Salon international de l’agriculture 2015 met l’accent sur la dynamique de progrès qui anime ce secteur clé de l’économie nationale. La filière céréalière y prend pleinement sa part, notamment sur les questions centrales du réchauffement climatique et du développement durable. Tour de champs…


En décembre 2015, la France accueillera la Conférence internationale sur le réchauffement climatique. L’un des objectifs assignés à cet événement planétaire sera de trouver un accord pour limiter la hausse des températures de la planète à 2°C d’ici à 2100. Or, selon certaines prévisions et si les émissions de gaz à effet de serre (GES) restent sur leur niveau actuel, la hausse pourrait atteindre +6°C, entraînant des conséquences dramatiques : phénomènes climatiques extrêmes, pertes de ressources alimentaires, flux migratoires, problèmes sanitaires… Pour tenir l’objectif de 2°C, il faudrait réduire les émissions de GES de 10 % par an.

Dans le monde agricole, les émissions proviennent de trois sources principales :

  • la combustion d’énergies fossiles (tracteurs et équipements motorisés, chauffage des serres et bâtiments),
  • la production de méthane par les animaux (fermentation entérique des ruminants, déjections),
  • la fertilisation des sols (engrais organiques et minéraux).

Bien que ces émissions de GES soient beaucoup plus complexes à gérer que dans d’autres secteurs, les agriculteurs s’y emploient depuis plusieurs décennies, s’appuyant notamment sur les recommandations de l’Inra1 et d’instituts experts, à l’image d’Arvalis-Institut du végétal pour la filière céréalière.

Des actions clés, validées par l’Ademe2 et les ministères concernés (agriculture, écologie), sont ainsi mises en œuvre dans les exploitations céréalières : réduction des engrais minéraux au profit des apports organiques, optimisation des techniques culturales, développement des cultures intermédiaires, implantation de bandes enherbées et de haies… Signe concret que le mouvement est bel et bien enclenché, les émissions de GES dans l’agriculture ont chuté de 20 % entre 1990 et 20123.

 

Face à la hausse des températures et à la diminution de la ressource en eau, les acteurs de la filière céréalière se mobilisent pour développer des solutions qui permettent – et qui permettront dans les années à venir – d’assurer la disponibilité et la Serres mobiles qui abritent les cultures de la pluie, reproduisant ainsi des conditions de sècheresse pour tester l'adapatation des céréalesqualité des approvisionnements. Sur le terrain, cela se traduit notamment par la capacité des agriculteurs à adapter les itinéraires culturaux, afin d’esquiver les sécheresses de fin de saison, et à utiliser les nouvelles technologies pour rendre les cultures plus efficientes. En amont, la recherche joue un rôle déterminant en travaillant sur la sélection variétale afin de mettre à la disposition des agriculteurs des variétés de plantes plus résistantes au stress hydrique, aux maladies ou aux parasites.
L’institut technique Arvalis réalise des essais sur un site équipé de huit serres mobiles. Ces équipements permettent de protéger automatiquement les expérimentations de la pluie pour reproduire des conditions de sècheresse et ainsi tester la résistance et l’adaptation de variétés de maïs dans un premier temps puis de blé.

ParallèlementTrichogramme, insecte qui détruit la pyrale, ravageur du maïs, de nouvelles solutions dédiées à la protection des cultures ont fait leur apparition, à l’image des produits de biocontrôle. À base de substances naturelles (algues, minéraux…), de micro et macro organismes (larves d’insectes, bactéries…) ou de médiateurs chimiques (phéromones animales), ces outils fondent leur principe actif sur les mécanismes et interactions existant au sein du milieu naturel. Ils contribuent ainsi à réduire les apports de produits phytosanitaires traditionnels tout en préservant les rendements.

Le biocontrôle est désormais intégré aux recommandations émises par les Pouvoirs publics dans le cadre du plan « ÉcoPhyto », transposition en France d’une directive européenne visant une réduction significative et planifiée des utilisations des produits de synthèse en agriculture.

À l’heure où la nécessité de développer la production de ressources alimentaires s’associe aux impératifs de préservation de l’environnement et de maîtrise des impacts climatiques, les multiples pratiques, techniques et innovations mises en œuvre par la filière céréalière illustrent la capacité de l’agriculture française à être le moteur d’un mouvement aussi vital qu’universel : produire plus en produisant mieux.

1. Institut national de la recherche agronomique
2. Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
3. Source : Agence européenne pour l’environnement, juin 2014

 

Des plastiques qui font bonne impression
Partenaire privilégié de la chimie du végétal, l’agriculture s’associe à des avancées technologiques et industrielles majeures, en faveur de l'environnement. Les bioplastiques en offrent un parfait exemple. Fabriqués à base d’amidon provenant de la biomasse céréalière ou de la pomme de terre, ils représentent une solution alternative et durable aux plastiques traditionnels issus du pétrole car ils sont d’origine renouvelable. Entièrement biodégradables et compostables, les bioplastiques sont déjà utilisés dans de nombreux domaines : emballages, sacs poubelle, électronique, quincaillerie, hygiène, automobile…
Imprimante 3D qui fabrique des objets en bioplastiqueAutre débouché emblématique : l’impression 3D, qui permet de réaliser des objets en volume à partir de bioplastiques liquides ou en poudre. Considérée comme la plus importante invention depuis Internet, cette technologie innovante se double d’un marché en plein essor où la France, grâce à son agriculture et à son savoir-faire en plasturgie, est appelée à prendre des positions leader.