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Dossier

Les céréales dans l'alimentation animale

C’est une filière en perpétuelle recherche d’innovation. Le secteur de l'alimentation animale travaille au quotidien à l’amélioration des rations proposées aux animaux d’élevage, afin de faire progresser la qualité de leur alimentation, et avec elle celle des hommes. Des rations où les céréales occupent une place centrale, et qui sont produites avec un souci croissant des enjeux de durabilité. Retour sur les principaux défis qui animent aujourd’hui ce secteur stratégique pour notre pays.


A l’échelle européenne, la France est un acteur de premier plan de l’alimentation animale. Notre pays est le troisième producteur de l’Union, avec 20,8 millions de tonnes en 2018, derrière l’Allemagne et l’Espagne. Il s’agit donc d’une filière stratégique pour l’Hexagone.

Elle constitue aussi une voie majeure de valorisation pour la production céréalière hexagonale. L’industrie de l’alimentation animale est la première utilisatrice de céréales à grains. 9,7 millions de tonnes ont été utilisées dans ses unités de production durant la campagne 2019-2020. Le secteur consomme aussi de nombreux coproduits de transformation des céréales (sons, drèches de brasserie…). 1,4 million d’hectares de maïs fourrage ont par ailleurs été cultivés en 2019 pour alimenter des élevages de ruminants. Des pailles de céréales sont également utilisées pour compléter le fourrage.

Avec 7,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, la filière dispose d’un véritable poids économique. Elle s’appuie sur un tissu de plus de 200 entreprises réparties à travers le territoire français. Leurs 314 usines regroupent 15.200 emplois et jouent un rôle de premier plan pour le maintien d’une dynamique économique en milieu rural.

La production d’aliments pour animaux est réalisée en grande partie avec des matières premières agricoles françaises, « pour 80 % de ses approvisionnements », rappelle le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (SNIA). Pour autant, la filière fait aujourd’hui face à un défi : le manque de protéines végétales françaises lui impose de recourir à des importations. « La disponibilité en matières premières riches en protéines produites sur nos territoires s’érode », confirme le SNIA. Le ministère de l’Agriculture estime, en conséquence, que « la France importe près d’un quart des protéines végétales destinées aux aliments d’élevage », tout particulièrement des tourteaux de soja.

Pour inverser cette tendance, les pouvoirs publics ont initié un Plan protéines végétales. 100 millions d’euros seront mobilisés sur 2021 et 2022. Une initiative qui « vise à réduire la dépendance de la France aux importations de protéines végétales des pays tiers » et à « permettre aux éleveurs d’améliorer leur autonomie pour l’alimentation de leurs animaux ».

Que trouve-t-on dans les rations ? Pour répondre aux besoins des animaux d’élevage, elles doivent leur fournir tout à la fois de l’énergie (sous forme de glucides), des protéines, des fibres mais aussi des vitamines et des minéraux.

Les céréales sont présentes au cœur de ces rations, représentant près de la moitié des ingrédients des aliments composés. Elles constituent le principal apport en glucides. Blé tendre, maïs, orge, triticale ou encore sorgho… Les fabricants vont utiliser toute la palette des céréales en fonction de différents critères : besoin des animaux, disponibilité des matières premières, qualité ou encore prix de vente. Ils ont aussi développé un savoir-faire leur permettant de valoriser différents coproduits céréaliers comme le son ou le remoulage issus de la fabrication de la farine par le meunier, ou encore des drèches de brasserie.

Grâce à une importante activité de recherche, la filière est en capacité de comprendre avec précision les besoins physiologiques des porcs, volailles et autres ruminants, et de proposer des apports, notamment céréaliers, adaptés à chaque animal. Une entreprise de nutrition animale peut ainsi proposer une impressionnante diversité de recettes et fabriquer plusieurs centaines d’aliments différents dans ses usines.

Positive pour les animaux, cette fine compréhension des besoins est également, in fine, bénéfique à l’alimentation et la santé humaines. Le secteur de l'alimentation animale rappelle, à ce propos, qu’ « un bon aliment améliore le goût et les qualités nutritionnelles de la viande, du lait et des œufs ». De quoi rendre, par exemple, la viande moins grasse et le lait plus digeste.

Les professionnels de l’alimentation animale portent, dans le même temps, une grande attention aux attentes des consommateurs, concernant la qualité des productions mais aussi, parfois, l’esthétisme de certains produits. C’est le cas par exemple des œufs. Les acheteurs apprécient qu’ils aient un jaune intense. Pour répondre à cette demande, la présence de maïs dans les rations est l’objet d’une attention particulière : les grains sont riches de pigments naturels qui donnent de l’intensité à la couleur du jaune d’œuf.

 

Les entreprises de l’alimentation animale ont développé à travers la France de multiples circuits d’approvisionnement de proximité en matières premières. Les céréales récoltées localement sont privilégiées. De quoi favoriser tout à la fois la qualité des ingrédients dans les rations, l’économie locale, mais aussi réduire les émissions de CO2 lors de la phase de livraison. Une fois fabriqués, les aliments seront souvent vendus dans la région, nombre d’usines ayant adapté leur production aux filières d’élevage locales (aliments pour porcs en Bretagne, pour les volailles en Aquitaine…). Un travail est également mené pour développer les modes de transports alternatifs à la route comme le train ou la péniche.

Pour améliorer sa durabilité, la filière travaille également à l’optimisation des apports. Son objectif : utiliser moins de matières premières pour un meilleur résultat. Ce travail de préservation des ressources a déjà produit des résultats ces dernières décennies. Un camion de 25 tonnes d’aliments permettait ainsi en 2013 de nourrir 110 porcs charcutiers contre 85 porcs en 1980.

Autre axe de recherche pour une plus grande durabilité : mettre au point les rations les plus équilibrées et les plus digestibles possibles. Les entreprises de l’alimentation animale ambitionnent ainsi de favoriser la santé et de préserver le bien-être des animaux d’élevage. Un travail qui permet, dans le même temps, de limiter les rejets de méthane, d’azote et de phosphore, ainsi de réduire l’impact de l’élevage sur l’environnement.

 

Duralim : une plate-forme pour développer les approvisionnements durables

L’engagement de la filière en faveur d’une alimentation durable des animaux d’élevage a trouvé sa concrétisation en 2016 avec la création de la plate-forme collaborative Duralim. Elle regroupe plus de 80 entreprises et organisations, des producteurs de grandes cultures aux distributeurs, qui entendent mener des actions concrètes afin de répondre à l’attente des consommateurs pour des produits plus responsables. Réduction de l’usage des ressources naturelles, développement de filières de production locale… Les initiatives sont nombreuses. Les membres du Duralim portent également un objectif ambitieux : atteindre, d’ici 2025, 100 % d’approvisionnements durables pour l’alimentation animale.