Innovation numérique et formation, leviers d'avenir pour la filière céréalière en région Centre | Passion Céréales

Innovation numérique et formation, leviers d'avenir pour la filière céréalière en région Centre

Passion Céréales lance en 2017 son Tour de France des régions céréalières

Si nous avons choisi d’échanger en Centre-Val de Loire sur les enjeux du numérique, c’est parce que notre belle région développe un écosystème propice aux initiatives locales et à l’exploration des possibilités offertes par le numérique dans le domaine agricole. Le territoire est labellisé "French Tech" – reconnaissance officielle de son dynamisme numérique – et il abrite notamment le campus AgreenTech Valley, dont la vocation est de préparer l’agriculture "3.0" à travers la rencontre du numérique et du végétal.

Le numérique est un formidable outil. L’accès de nos professionnels à l’innovation numérique est primordial, il permet de maintenir et de stimuler la compétitivité de notre filière.

Cet outil, nos métiers et nos acteurs doivent se l’approprier (et ils le font !), pour en tirer des bénéfices nombreux : précision des outils et des méthodes (radar, GPS, drones), prédictibilité accrue des conditions d’exploitation (météo, qualité des sols, gestion des intrants), performance et qualité, traçabilité des produits, remontée plus directe des besoins et attentes de nos consommateurs, mise en visibilité plus interactive de nos activités, intégration des standards et principes fondamentaux qui structurent notre société (respect de l’environnement, biodiversité).

La rencontre du numérique et de l’agriculture céréalière sous-tend deux sujets majeurs, d’une part l’innovation numérique, comme levier pour renforcer la durabilité des exploitations et mieux satisfaire les consommateurs ; et d’autre part la formation au numérique, afin de répondre aux enjeux de modernisation et d’attractivité des métiers céréaliers.

C’est autour de ces deux enjeux majeurs que nous avons réuni le 20 février 2017, élus, experts et agriculteurs, afin de réfléchir ensemble aux besoins et opportunités à saisir pour la filière céréalière. 

En 2017, nous mobiliserons à nouveau des financements pour soutenir les Chambres qui aident les exploitations à repenser et renouveler ces systèmes économiques. L’agriculture de demain n’est pas celle du « toujours plus grand », « toujours plus industrialisé » avec des modes de production systématisés. Elle est au contraire celle de l’équilibre entre l’urbain et le rural, et doit permettre de repenser l’organisation des sols pour maintenir des zones de production préservées à proximité des agglomérations.

C’est enfin par l’innovation que nous répondrons à l’enjeu environnemental. Les agriculteurs prennent conscience de la place centrale de cet enjeu pour la qualité et le développement de leurs productions.

Fiers de l’initiative de la filière céréalière sur notre territoire, nous souhaitons qu’elle puisse développer une vision renouvelée de notre agriculture et mettre en lumière nos agriculteurs, qui réalisent un travail de qualité, de passionnés, au service de tous.

La région Centre-Val de Loire, notamment animée par la très active métropole d’Orléans, porte des ambitions fortes de développement économique et souhaite offrir à ses agriculteurs un écosystème économique, scientifique, d’experts, qui accompagne l’innovation. 

Nous bénéficions désormais d’une capacité à traiter les données en très grand nombre, à développer des niveaux de modélisation de plus en plus performants et fiables. Une expertise précieuse qui participe au développement de nos cultures, qu’il s’agisse des grandes cultures, de la culture hors-sol, ou de l’horticulture. Le traitement de ces données doit également nous permettre de mieux comprendre et d’anticiper l’émergence d’une l’agriculture urbaine, celle des mégapoles aux millions d’habitants qui verront par exemple, dans les années qui viennent, l’intégration, dans leur urbanisme, de serres géantes…

L’exploration des données - « Data Mining » - nous permettra également de définir des éléments de prévisibilité et de soutien en cas d’aléas, notamment afin de confirmer l’émergence de systèmes assurantiels pour les récoltes. Ce sont des éléments clefs pour la conception de notre futur modèle économique, pour la pérennité de notre agriculture et pour la maîtrise de l’évolution des prix.

Dans ce « champs » immense de possibilités qui se profile à l’horizon, la région Centre-Val de Loire est plus que jamais leader dans ces domaines. Elle partage avec Orléans mais aussi avec la majeure partie des départements qui la composent, une volonté commune de s’unir pour promouvoir la recherche et développer l’innovation. De nombreux acteurs tels que l’université d’Orléans ou l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) Centre-Val de Loire, contribuent à la modélisation des sols, des comportements des plantes et des variations climatiques.

Ainsi, la coopération des acteurs économiques, scientifiques et agricoles, s’opère au service de la performance, et fait d’Orléans et de sa région, un véritable « hub » d’innovation en matière agricole. C’est dès lors l’ensemble de cet écosystème qu’il est important d’encourager.

Table-ronde n°1

Des atouts régionaux au service d’enjeux universels

Les défis numériques touchent l’ensemble des secteurs d’activité et l’agriculture ne fait pas exception. L’accès du monde agricole aux outils du numérique est un enjeu primordial, d’une part pour le maintien et la stimulation de la compétitivité de la filière, et d’autre part pour répondre aux besoins d’approvisionnement futurs des populations...

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Table-ronde n°2

Le poids de la formation continue

A l’heure de la révolution numérique et de la profonde transformation de l’enseignement agricole, celui-ci ne dispose pas encore d’une offre de formation au numérique à part entière ni de référentiels spécifiques. Si certains professeurs intègrent le numérique dans leurs enseignements, notamment à travers les techniques de l’informatique et du multimédia, la demande croissante incite désormais à aller plus loin, plus rapidement...

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Nos conclusions

Il est essentiel de noter que l’approche de la data dans le secteur agricole reste collaborative, participative. La solidarité et l’esprit partenarial dominent dans la filière, qui souhaite majoritairement un traitement de la donnée qui profite à l’ensemble des agriculteurs.

Une filière céréalière décloisonnée 

La réflexion s’organise autour de l’adaptation des technologies existantes aux besoins de la filière céréalière, ainsi des expertises venant d’autres secteurs (énergies, télécom, etc.) sont mises au service du monde agricole pour augmenter la précision et la technicité des modes d’exploitation et de production, toujours plus performants.

Le secteur céréalier est également désireux de mieux faire connaitre ses activités, ses innovations, ses compétences, et s’approprie en ce sens les réseaux sociaux.

Une barrière aux ambitions numériques de la filière perdure tout de même

La problématique de la couverture numérique des zones de culture est un obstacle majeur à l’innovation dans le secteur agricole. Si cette barrière peut être dépassée grâce à l’inventivité des experts qui ont développé l’usage de certains outils hors connexion, l’existence de « zones blanches » freine la performance du secteur.

La formation est le levier principal de déploiement de l’innovation numérique pour la filière

Le sujet de la formation associé au numérique recouvre deux aspects, d’une part la formation au numérique et d’autre part l’outil numérique pour dispenser une formation.

La formation au numérique et aux nouvelles technologies, qu’elle soit initiale ou continue, permet la modernisation des activités et l’accroissement de la compétitivité de la filière. La multiplication des offres et contenus de formation est donc souhaitée et la filière a à cœur de participer à leur élaboration.

La formation grâce aux outils numériques renforce quant à elle l’attractivité des métiers céréaliers pour les plus jeunes et donne plus de souplesse aux agriculteurs en exercice en s’adaptant aux contraintes horaires ou d’isolement de ceux-ci (MOOC, tutoriels, etc.). 

Le numérique, un point de rencontre intergénérationnel pour les céréaliers

Enfin, on constate que le numérique permet la rencontre des générations, entre agriculteurs expérimentés, peu familier des réflexes technologiques et jeunes apprenants, très à l’aise avec les outils numériques. Dans ce contexte, le formateur n’est pas toujours le plus expérimenté !