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Chapeau, la paille !

Immortalisé dans les tableaux de Rubens ou Van Gogh, réinterprété à l’envi par les grands créateurs de mode, le chapeau de paille est le plus "fashion" des coproduits de la filière céréalière. Coup de chapeau à un accessoire issu du monde paysan qui a su se faire une place au soleil.

Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, les paysans avaient l’habitude d’utiliser les pailles de céréales pour tresser des couvre-chefs à large bord destinés à les protéger du soleil. Mais c’est au XIVe siècle, en Toscane, que cette pratique donna naissance à une véritable industrie manufacturière. 80 000 personnes vivaient alors du tressage, offrant ainsi un débouché à cette matière première d’origine agricole que sont les tiges séchées de céréales à paille (blé, orge, avoine, seigle, riz). Rapidement, le chapeau a élargi ses horizons pour conquérir les villes et les cours royales.

Son essor doit beaucoup au grand-duc Cosme 1er de Toscane qui, au XVIe siècle, envoya des chapeaux de paille à chacun des souverains européens afin de promouvoir cette production locale à l’export. La France fut, elle aussi, séduite par le chapeau de paille qu’elle transforma en « chapeau de jardin » en l’agrémentant de rubans, de fleurs ou de feuilles à destination des femmes de la haute société désireuses de protéger leur teint de la coloration du soleil.

Au début du XVIIIe siècle, le secteur entreprit de mettre en place des cultures spécifiques, à des fins non alimentaires, dédiées à la confection des chapeaux. Le triticum vulgare, une variété de blé appréciée pour sa finesse et sa brillance, a longtemps été la plus utilisée. Aujourd’hui les chapeaux en matière naturelle sont élaborés à partir de paille de blé, de « paille papier » (paille cuite et chaux tissée) ou de raphia (feuilles de palmier). On compte pas moins de 400 modèles de couvre-chefs déclinés à partir du chapeau de paille originel : canotiers, chapeaux coloniaux, panamas, stetsons, borsalinos...

 

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