Dans les champs... Quand les blés s'emplissent de la future farine | Passion Céréales

  

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Dans les champs... Quand les blés s'emplissent de la future farine

Les grains viennent de naître dans les champs de blé français. C'est à présent le temps de leur remplissage, une étape clé dans la croissance des céréales.

En quoi consiste le remplissage des grains ?

C'est une étape centrale dans la croissance du blé, celle qui va apporter toute sa richesse à la céréale. Elle se décompose en trois temps. A peine créés, les jeunes grains grossissent tout d'abord à grande vitesse, durant une dizaine de jours. Se forment alors des cellules qui, dans un second temps, reçoivent les éléments constitutifs de la future farine. Les transferts s'accélèrent alors au sein de la plante. Grâce à la photosynthèse, les feuilles peuvent envoyer des sucres vers les grains. Ils constituent l'amidon, composé principal des grains. L'azote du sol va également migrer et permettre à ces mêmes grains de s'enrichir en protéines. En fin de remplissage, les blés changent de couleur, passant du vert au jaune. Les grains se dessèchent et durcissent. Ils peuvent désormais être récoltés. 

Quand a-t-il lieu ?

Le remplissage intervient après la floraison et la fécondation qui ont vu naître les grains dans les épis (on compte en moyenne 100 grains de blé par plante). Il va durer environ un mois, couvrant généralement le mois de juin en France. Le calendrier peut bien sûr légèrement varier en fonction des régions : le remplissage débute souvent fin mai dans le sud de l'Hexagone pour se terminer parfois dès la mi-juin. Dans le nord du pays, il est plus tardif et plus long, de la mi-juin à la mi-juillet (voire la fin juillet). Il précède l'étape de la moisson.

Pourquoi est-ce une étape importante ?

C'est un moment fondamental, et même très symbolique pour le blé : les grains se remplissent des constituants de la future farine. Se joue là l'état de la récolte à venir, tant d'un point de vue quantitatif que qualitatif. La situation météorologique est donc observée de près par le secteur céréalier : tout aléa affectant le bon déroulement du remplissage peut en effet avoir un impact direct sur les récoltes. Les conditions exceptionnelles de 2016 (pluies abondantes, inondations, faible ensoleillement) sont là pour le rappeler. « Cela a considérablement perturbé la mise en place des grains et pénalisé leur croissance, explique Jean-Charles Deswarte, ingénieur à ARVALIS-Institut du végétal. Beaucoup de racines étaient noyées, de nombreux cas de contaminations ont été recensés... Les grains ont eu, en conséquence, du mal à se remplir ».

Tout au long de la campagne, les agriculteurs mènent un travail minutieux pour que le temps du remplissage se réalise au mieux. Ils disposent pour ce faire de nombreux leviers d'actions, du choix de la date de semis à l'intervention contre un champignon en passant par le choix des variétés. Les exploitants doivent notamment veiller à ce que les plantes restent vertes assez longtemps pour que la photosynthèse apporte de l'amidon en quantité suffisante.

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