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Le port de Rouen sème pour l’avenir

Une tonne de céréales sur deux, produite en France, est exportée. Le port de Rouen fait partie des trois premiers ports européens exportateurs de céréales et entend bien le rester. Pour faire face à la concurrence des autres ports - européens mais surtout de la Mer Noire - il mise sur d’importants investissements publics et privés, que ce soit pour l’approfondissement du chenal d’accès, la mise à niveau des quais, les investissements dans les silos existants ou la construction d’un nouveau silo de 50 000 tonnes sur les quais de Petit-Couronne.

Situé « au milieu des champs », au cœur des grandes plaines céréalières, le port de Rouen jouit d’un emplacement géographique privilégié qui le met à très faible distance des zones de production de la  Normandie, de l’Île-de-France et de la Picardie. Un atout que les acteurs de la filière céréalière mettent de plus en plus à profit pour acheminer rapidement leur production. « En moyenne, sur ces cinq dernières années, les volumes exportés depuis Rouen avoisinent les 7 millions de tonnes (blé tendre et orge). A quoi il faut ajouter plus d’1 million de tonnes de céréales transformées (malt, farines, alimentation animale...). Le hub céréalier de Rouen représente à lui seul 40 % des exportations françaises de céréales et jusqu’à 55 % sur le blé tendre et l’orge », détaille Manuel Gaborieau, délégué commercial de Haropa, le GIE créé par les ports de Rouen, du Havre et de Paris. Les céréales partent d’ici vers les pays méditerranéens (l’Algérie, premier pays destinataire, et le Maroc), l’Afrique de l’Ouest, l’Egypte, l’Union européenne mais aussi l’Asie du Sud-Est et la Chine qui vient s’approvisionner en orge de brasserie pour ses bières.

Des investissements pour rester le « hub céréalier » de référence
Pour conserver cette place de leader, les opérateurs privés du port de Rouen ont engagé ces dernières années d’importants investissements en faveur des installations de chargement et de déchargement des céréales. Les cadences ont été augmentées et les péniches notamment restent moins longtemps à quai. Parallèlement, le port de Rouen et les différents opérateurs cherchent à développer le transport massifié pour aller chercher des céréales (par camion, train ou transport fluvial) dans une zone de chalandise qui va de la Picardie au Centre et de la Bourgogne à la Normandie.

Pour répondre à la modernisation de la flotte mondiale et faciliter les manœuvres des navires, un vaste plan de rénovation des accès maritimes a été lancé en 2013. Ces travaux d‘envergure s’achèveront en 2018 mais une première étape a été franchie avec, fin février, la mise en service de la nouvelle zone d’évitage à Hautot-sur-Seine. Désormais, les plus gros navires minéraliers et céréaliers, qui ont accosté aux terminaux de Grand Couronne, n’auront plus à remonter le fleuve jusqu’à Rouen pour faire demi-tour (gain de temps d’une heure et demie pour 30 km). Ces travaux viennent en complément du renforcement des quais et de l’augmentation d’un mètre du tirant d’eau en Seine autorisant la montée et la descente jusqu’à Rouen de navires d’un gabarit plus important. « Cela permettra de toujours mieux remplir les navires, d’accroître la sécurité et d’élargir les heures d’accès au port soumis aux marées », précise Manuel Gaborieau. Enfin, un cinquième opérateur*, le groupe Beuzelin, vient d’investir dans la construction d’un nouveau silo, « La Maison Bleue », pouvant stocker jusqu’à 50 000 tonnes de céréales. Il devrait être opérationnel pour la campagne 2016-2017. Autant de preuves du dynamisme et de l’attractivité du port de Rouen pour les acteurs céréaliers.

Des actions pour réduire l’empreinte environnementale
Au-delà des investissements visant à améliorer la compétitivité, le Port travaille à la réduction de son empreinte environnementale.
Un projet de mise en place de bornes électriques à quai est en cours afin que les péniches puissent s’y brancher et ainsi consommer moins de carburant.

Et pour réduire les émissions de poussières générées par les opérations de chargement en vrac des céréales, des dispositifs d’aspiration ont été mis en place à l’intérieur des silos. Un système de pulvérisation permet également, au moment du chargement, de maintenir la poussière sur les grains lors des manipulations.

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*On compte parmi les quatre premiers opérateurs Socomac, Sénalia, Lecureur et Simarex

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