Grains de quinoa   © Passion Céréales

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Le quinoa en plein semis... et en pleine croissance

De la famille des chénopodiacées, comme les blettes, les épinards ou les betteraves, le quinoa est une plante herbacée. S’il n’est pas sur le plan botanique une céréale, le quinoa est néanmoins considéré comme tel car on le cultive pour les qualités alimentaires de ses grains. Coup de projecteur sur la « graine sacrée des Incas » actuellement en plein semis en région angevine.

Soucieux de diversifier leur alimentation et toujours en quête de nouvelles saveurs, les consommateurs prennent de plus en plus goût à des céréales souvent méconnues. Qualifiées souvent de « petites céréales », elles contribuent au quotidien à nourrir les Hommes. Triticale, avoine, sorgho, seigle, épeautre, millet, panis, sarrasin, quinoa ou amarante font partie de ces céréales ou pseudo-céréales à découvrir ou à redécouvrir. Parmi elles, le quinoa fait une percée remarquée depuis quelques années en France.

Les premières traces de sa culture remontent à plus de 5 000 ans sur les hauts plateaux d’Amérique du Sud, ce qui explique qu’il soit également appelé le « riz des Incas ». Très digeste, sans gluten, pauvre en lipides mais riche en fibres et en minéraux, cette céréale est considérée comme un super-aliment. Jason Abbott, ingénieur agronome américain passionné par le végétal, est à l’origine de son introduction dans l’Hexagone il y a une dizaine d’années. En quête d’un partenariat, Jason Abbott s’est rapproché des agriculteurs réunis autour de la Coopérative agricole des Pays de la Loire (CAPL). C’est ainsi que s’est créée, et progressivement structurée, la première filière autour du quinoa en France, sous la marque Quinoa d’Anjou. La surface cultivée recouvre actuellement 120 hectares. En cette fin mars, les semis sont en cours. Le climat du Val de Loire convient bien au quinoa qui ne supporte pas les grosses chaleurs, l'excès d'humidité et le manque d'eau. « Céréale encore peu connue, sauf des consommateurs bio, elle a toutefois accru sa notoriété grâce à l’initiative des Nations Unies qui ont rendu hommage à son rôle croissant dans la nutrition et la sécurité alimentaire en déclarant 2013 Année internationale du quinoa », explique Frédéric Truffaux, responsable de la partie multiplication des semences (quinoa et lentilles vertes) au sein de la CAPL.

Des investissements en R&D à la hauteur des espérances
 

7 000 tonnes de quinoa sont consommées chaque année en Europe dont la moitié rien qu’en France. Cette céréale est commercialisée essentiellement via le Pérou et la Bolivie, dans les réseaux sous label bio et dans le circuit des commerces équitables. Le quinoa français, issu d’une variété différente du Pérou et de la Bolivie, pourrait sécuriser à terme l'approvisionnement des acheteurs susceptibles d'être confrontés à des ruptures de stock, estime la CAPL.  Dates et densité des semis, lutte contre le désherbage sont les principaux points à optimiser. Pour ce faire, d’importants investissements sont engagés en R&D, à la hauteur des espérances placées sur le quinoa. Une petite céréale appelée très certainement à grandir dans nos assiettes.

Le quinoa en quelques chiffres

  • 210 tonnes de quinoa produites actuellement chaque année dans l’Hexagone, de l’Anjou jusqu’au Poitou, pour des besoins estimés à 3 000 tonnes en France
  • 73 000 tonnes de production mondiale
  • 92 % du quinoa mondial sont produits au Pérou (40 000 tonnes) et en Bolivie (28 000 tonnes), premiers producteurs et exportateurs. Les 8 % restants sont produits par les Etats-Unis, le Canada, l’Equateur et l’Argentine
  • 26 000 tonnes sont exportées par la Bolivie, 52 % à destination des Etats-Unis, 13 % vers la France

 

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