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Les 4 saisons des céréales : l'automne

L’automne est pour les céréales une saison de contrastes, selon les cultures et les zones géographiques. Tandis que certains céréaliers moissonnent encore (riz, maïs, sorgho...), d’autres préparent déjà les sols à accueillir les prochains semis.

Pour les agriculteurs céréaliers, la palette du travail automnal est variée : on moissonne, on sème, on désherbe, on déchaume. On commence même à hiverner le matériel. Pour Édouard Cavalier, riziculteur dans la région de Fourques dans le Gard, l’heure est à la récolte. Fin septembre, début octobre, il lui faut retirer l’eau des parcelles avant de récolter le riz avec une moissonneuse-batteuse équipée de chenilles afin de s’adapter aux contraintes du terrain. « Semé en mai, le riz sera récolté en octobre.  Le temps des moissons est très court car il faut que le grain soit sec. Aussi, nous ne pouvons récolter que dans un créneau horaire très serré, entre midi et la rosée du soir, soit seulement quelques heures par jour », explique-t-il.

C’est aussi le temps de la récolte sur les 15 hectares de parcelles de maïs grain de Noël Danilo, polyculteur breton installé à Ploërmel, à la lisière de la forêt de Brocéliande. La récolte est réalisée par une entreprise de travaux agricoles sur une dizaine de jours. Dès le 15 octobre, après avoir déchaumé les parcelles de maïs, il sèmera le blé tendre. « Un semis simplifié qui évite le travail en profondeur du sol grâce à une machine qui fait à la fois office de semoir et de herse ce qui favorise un bon lit de semences », précise Noël Danilo. Au nord des Landes, l’automne annonce la récolte des maïs, en épis entiers pour le maïs semence, en grains pour le maïs doux et le maïs destiné à l’amidonnerie. « Ils seront ensuite séchés et stockés tandis que le matériel d’irrigation, les moissonneuses et les séchoirs seront rangés avant les premières gelées », ajoute Didier Villenave, à la tête d’une exploitation de 550 ha de maïs dans le bassin d’Arcachon.

Dans le Grand Est, l’hiver est souvent précoce. Il faut donc déjà se préparer à implanter les céréales dès l’automne. Comme l’explique Benoît Sesmat, polyculteur et éleveur à Moncel-sur-Seille, en Meurthe et Moselle, « dès le 20 août, on enlève la paille qui recouvrait les parcelles et on commence le travail du sol pour ressemer en premier le colza. Suivront l’orge et le blé entre le 25 septembre et le 10 octobre. En effet, les céréales doivent avoir engagé leur développement végétatif avant les froids. » Pour Guy Fayol, agriculteur breton gérant une exploitation de 225 hectares sur la côte d’Opale entre le pays de Montreuil et le Boulonnais, la réimplantation des céréales d’hiver et les principaux semis s’opèrent dès le 25 septembre. Le 15 octobre, 80 % des surfaces seront emblavées. « Quant au travail du sol, j’ai opté pour moins de labour et je laisse les vers de terre agir », explique-t-il.

Pour leur part, les meuniers sont désormais en possession à 100 % des nouveaux blés. L’heure est aux tests et analyses (valeur boulangère, taux de protéine, qualité sanitaire...), aux essais de panification, à la réalisation de maquettes qui serviront de base à toute la production des différentes farines. Comme le dit de façon imagée Louis-Marie Bellot, directeur général de Bellot Minoteries, dont le moulin est situé à la limite du Marais Poitevin, « l’automne, c’est le moment où l’on reçoit les différentes qualités de blé. Mère Nature a distribué les cartes, on va enfin savoir avec quoi nous allons travailler. Certaines variétés apparaissent tandis que d’autres disparaissent, comme le blé "Apache" qui donnait à la mie sa coloration jaune. Dans notre moulin d’essai, nos boulangers transforment les farines en pains, brioches et viennoiseries. Ils choisiront les meilleurs blés en fonction de chaque produit. Même s’il y a des constantes d’une récolte sur l’autre, il faut refaire certaines formules ou les ajuster pour obtenir la qualité voulue. »

Pour Thomas Maurey, directeur des Moulins du Chars, au cœur du parc naturel du Vexin, l’automne est le temps de l’affinage et de la recherche et développement sur de nouvelles variétés. « Le suivi qualité est de toutes les saisons car il faut s’assurer que les blés qui rentrent soient conformes aux cahiers des charges, indique Jean-Pierre Passaga, directeur du Moulin de Sauret, sur les bords du Lez près de Montpellier. Mais en automne, nous renforçons les approvisionnements, nous procédons au choix définitif des blés et nous négocions les quantités avec les courtiers. » Enfin, du côté des organismes stockeurs, l’automne est une saison de pointe pour les ventes de semences, de désherbants et d’engrais. « Nous suivons l’activité de l’agriculteur au fur et à mesure de ses besoins et de ceux de la nature », conclut Antoine Pissier, gérant de la SA Pissier, entreprise de négoce agricole de Centre-Val de Loire.

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