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Les 4 saisons des céréales : le printemps

Des semis à la récolte en passant par le travail des sols ou la transformation, les saisons rythment la vie des femmes et des hommes qui travaillent pour la filière céréalière. Tour d’horizon et rituels de printemps.

Doucement, les sols sont sortis de leur torpeur hivernale. Sous les effets conjugués de la météo et du travail des professionnels de la filière céréalière, ils s’apprêtent à réunir dans leurs sillons les conditions optimales à la préparation de la future récolte. En effet, en cette saison, qu’ils soient agriculteurs, techniciens des coopératives ou des négoces ou bien meuniers, ils sont nombreux à faire « le tour des champs », comme le dit Antoine Pissier, gérant d’une entreprise de négoce agricole de Centre-Val de Loire. « Plus que toute autre saison, le printemps nous fait ressentir combien nous vivons avec la nature, combien c’est elle qui anime nos activités» Les premiers apports d’engrais vont aider les plantes à redémarrer après l’hiver. « Le technicien proposera d’intervenir en cas de parasites, d’évaluer les besoins nutritionnels de la plante, de procéder à des analyses du sol, d’ajuster les apports », explique Antoine Pissier.

En Lorraine, à Moncel-sur-Seille, sur les 320 hectares de parcelles de Benoît Sesmat, les semis de maïs et d’orge de printemps sont effectués en ce printemps 2017 avec un peu d’avance en raison de la sécheresse. Au fur et à mesure des différents stades de végétation, dès que le temps sera un peu plus chaud et humide, on procèdera aux apports d’engrais en fonction des justes besoins des plantes et aux traitements phytosanitaires si nécessaire. On peaufinera également le désherbage des parcelles, dont le principal a été effectué en automne.

Sur la Côté d’Opale, entre le pays de Montreuil et le Boulonnais, les cultures d’hiver sont déjà en « montaison ». « La plante a déjà commencé à pousser, elle n’en est plus au stade herbacé. Elle va "épier" d’ici une quinzaine de jours à un mois », explique Guy Fayol qui, sur une surface de 225 hectares, cultive blé, orge de printemps, avoine pour les animaux, colza et betteraves. Ici aussi, on attend la pluie sans laquelle « les engrais ont du mal à faire leurs effets. » Sur les terres légères et superficielles des cultures de printemps tout juste semées, le manque d’eau se fait sentir.

Le printemps c’est le temps de l’observation puis de la préparation des terres. « La qualité se joue maintenant », résume Louis-Marie Bellot, directeur général des Minoteries Bellot travaillant les céréales depuis seize générations. Les gelées matinales de fin avril inquiètent les professionnels, car la météo commande en grande partie la qualité des blés. Elle conditionne aussi le réglage des machines, la qualité des farines et, in fine, le prix. Dès le printemps, tout est mis en œuvre pour sortir un « bon blé », « un blé sans maladies, avec un poids spécifique élevé, un blé bien en forme avec un taux de protéine intéressant mais pas nécessairement trop fort non plus », souligne Louis-Marie Bellot.

Cap au Sud, dans le Gard, sur 110 hectares dédiés au riz semence et au riz pour la consommation. Le printemps est ici synonyme de semis dès que le thermomètre atteint les 13°C. « Semis dans des parcelles inondées où l’on jette les graines qui germeront dans l’eau ou semis enterrés dans des parcelles préalablement nivelées où la graine germera dans une terre à l’abri des remontées de sel », explique Edouard Cavalier, céréalier sur la commune de Fourques.

En aval des champs, le printemps est également une période d’activité spécifique pour les coopératives et négociants. Ils procèdent notamment à l’achat et à l’acheminement des grains qui ont été stockées à la ferme par les agriculteurs. Dans le même temps, il leur faut gérer les silos pour qu’ils se vident progressivement afin d’accueillir la prochaine récolte dans les meilleures conditions. Rendez-vous au cœur de l’été…

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