Les 4 saisons des céréales : l'hiver | Passion Céréales

   © Gudellaphoto - Fotolia

Actualité

Les 4 saisons des céréales : l'hiver

Que l’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas de morte saison pour les céréales. L’heure où les campagnes semblent assoupies reste une période de réelle activité pour les agriculteurs céréaliers qui expriment à cette occasion toute leur polyvalence.

Les céréales d’hiver ont été semées à l’automne (blé tendre, blé dur, orge fourragère, seigle, triticale ou avoine). Dès février, il va falloir préparer les sols pour les prochains semis des céréales afin de "travailler une terre qui ne soit pas trop compacte et prévenir les problèmes d’enracinement", comme l’explique Benoît Sesmat, agriculteur éleveur en Lorraine. L’hiver est aussi l’un des moments privilégiés où il participe volontiers aux travaux d’évaluation et de partage d’expérience avec les techniciens de la Chambre d’Agriculture, "qu’il s’agisse d’échanges sur les variétés de semences et les produits phytosanitaires ou sur l’efficacité des actions menées sur les parcelles."

Guy Fayol, agriculteur sur la Côte d’Opale, dans les Hauts-de-France, a procédé au désherbage après les semis d’automne juste avant l’hiver. S’il est peu présent sur ses parcelles entre janvier et février, son travail d’éleveur de bovins allaitants prend le relais, intercalant le travail des animaux avec celui dans les champs. Il choisit aussi cette saison pour parfaire sa formation personnelle sur des sujets très divers : travail du sol simplifié, étude des mécanismes du marché à terme pour sécuriser prix et débouchés, gestion d’équipe et même secourisme... Il apprécie aussi d’échanger avec d’autres acteurs de la filière comme lors de la récente visite du port de Dunkerque.

Noël Danilo, agriculteur breton à Ploërmel, est lui aussi très investi dans la formation de ses confrères en cette saison hivernale. Ancien technicien de l’agrofourniture, il est aujourd’hui très engagé dans la défense de la biodiversité et des paysages. Il a notamment aménagé sur son exploitation un lit biologique permettant de traiter l’ensemble des déchets provenant de la pulvérisation. "Cette installation sert de support à la formation au bon usage des produits de protection des plantes. Ainsi, ce sont plusieurs milliers d’agriculteurs de la région qui sont passés sur mon exploitation pour se former aux bonnes pratiques agricoles dans le cadre des plans Certiphyto et Ecophyto", souligne-t-il.

Après la moisson d’octobre, Édouard Cavalier, riziculteur à Fourques dans le Gard, travaille à l’approche de l’hiver les pailles de riz restées au sol. Elles connaissent une triple destination : "certaines resteront en place pour être restituées au sol après broyage, d’autres seront brûlées ou encore récupérées pour servir d’isolant dans le bâtiment. Mais en parallèle, il nous faut aussi déjà préparer les sols pour l’année suivante, niveler et aplanir des parcelles qui sont sous l’eau pendant six mois de l’année pour bien répartir les futures semences." Plus à l’ouest, sur le bassin d’Arcachon, Didier Villenave a rangé ses matériels d’irrigation du maïs et ses séchoirs. Il profite de l’hiver pour parfaire la maintenance de ses outils, nettoyer les forages d’irrigation et les canalisations. Pour compenser un creux d’activité sur les céréales entre novembre et février, il gère sa forêt de pins des Landes. Chez Arterris, une coopérative dont le territoire couvre plusieurs grands bassins de culture dans le Sud-Ouest de la France, "on assure le nettoyage des installations, des séchoirs et des points de collecte tandis que se poursuivent, comme tout au long de l’année, les expéditions afin de vider les silos et les préparer à accueillir les nouvelles récoltes", indique Gilles Gazagnes, responsable exploitation et logistique au sein de la coopérative.

L’hiver est un temps fort pour les meuniers et les boulangers. Ainsi que le rappelle Jean-Pierre Passaga, directeur du Moulin de Sauret situé sur les bords du Lez près de Montpellier "de Noël jusqu’aux galettes de l’Épiphanie, nos clients boulangers sont très sollicités, et c’est aussi la haute saison pour les pains spéciaux et autres pains d’épices qui accompagnent les repas de fêtes." Pour Louis-Marie Bellot, directeur général de Bellot Minoteries, dont le moulin est situé à la limite du Marais Poitevin, "c’est tout particulièrement en hiver que nous soutenons nos clients boulangers dans la mise en valeur de leurs productions et de leur savoir-faire. Nous concevons pour eux des packs de communication, des affiches et des jeux pour animer les points de vente." Tout ce qu’il faut pour attendre agréablement le moment du dégel. Germination, levée, tallage… les céréales vont alors progressivement passer de l’état végétatif à l’état floral. Un nouveau cycle de production peut alors commencer.

Contacter l'auteur