Qui est l’agriculteur céréalier du XXIe siècle ? | Passion Céréales

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Qui est l’agriculteur céréalier du XXIe siècle ?

Profil d’entrepreneur, niveau de formation, compétences, implication dans les nouvelles technologies de l’information… Esquisse de portrait d’une profession en mouvement et résolument inscrite dans son époque.

La France compte à ce jour 500 000 exploitations (contre plus de deux millions en 1955) dont 336 000 fermes dites professionnelles (supérieures à 12 hectares en équivalent blé). 110 000, soit près d’un tiers, sont dédiées à la seule culture céréalière. Ces exploitations céréalières emploient 185 000 agriculteurs, ce qui représente moins de deux salariés par exploitation. Ainsi, contrairement aux idées reçues, les agriculteurs céréaliers gèrent plutôt des « TPE » (Très Petite Entreprise) sur une surface moyenne de 116 hectares. En termes d’effectifs, d’après les statistiques de l’Agreste (ministère de l’Agriculture), les céréaliers arrivent juste devant les éleveurs laitiers et les éleveurs de bovins à viande.

D’une façon générale, l’agriculteur et le céréalier sont à la fois devenus plus lointains et plus proches des citadins. Plus lointains, car « en agrandissant leur ferme ils ont éloigné leurs voisins », mais aussi plus proches parce que « leurs compagnes exercent souvent un autre métier et que leurs enfants étudient à la ville », observe le sociologue Jean Viard. Cela dit, de plus en plus de femmes sont chefs d’exploitation ou coexploitantes (près de 30 %). Enfin, ils sont également plus proches grâce aux réseaux sociaux et forums auxquels ils sont largement connectés via Internet.
 

Des compétences multiples

Ce phénomène de concentration (moins d’exploitations pour une surface moyenne d’hectares cultivés qui augmente), assorti d’un « maillage des fermes devenu discontinu », comme le précise Jean Viard, est peut-être la partie la plus visible de ces changements relativement récents qui traversent l’agriculture lorsqu’on parcourt la France et ses territoires.

Ce qui est moins perceptible en revanche est la dynamique de professionnalisation sans pareil que connaît l’agriculture en général et les céréaliers en particulier depuis quelques années. Ils adaptent en permanence leurs pratiques agricoles pour répondre aux nouveaux enjeux du secteur et aux préoccupations sociétales (environnement, qualité de l’alimentation, sécurité d’approvisionnement, aménagement du territoire…).

L’agriculteur est désormais plus formé que la moyenne de la population française. Près de 80 % des moins de 40 ans possèdent le baccalauréat et 34 % sont diplômés de l’enseignement supérieur (BTS en majorité) contre 18 % en 2000. Ce taux atteint même 53 % sur les exploitations de grandes cultures comme le blé ou le maïs. Il est vrai que l’agriculteur doit être polyvalent. D’abord agronome, il possède de sérieuses connaissances en physique-chimie et en biologie, mais aussi en climatologie, en génétique, en connaissance des sols, en fertilisation, en machinisme... Il fait appel à des technologies de pointe pour gérer semis, arrosages et intrants : imagerie satellitaire pour une agriculture de précision (suivi de l’évolution des cultures, estimation au plus juste des besoins en engrais...), terminaux embarqués type GPS dispensant informations et conseils en temps réel, outils de diagnostic et d’aide à la décision fondés sur des données terrain actualisées concernant les maladies, les ravageurs, les accidents climatiques, capteurs sur les moissonneuses-batteuses pour quantifier les récoltes...

Au plan informatique, les agriculteurs sont plus équipés que la moyenne des Français. Ils tirent chaque jour parti du web 2.0 pour créer des espaces d’échanges et de partage d’informations. Ainsi rassemblés, par-delà le relatif isolement du quotidien, « ils font corps et constituent, avec les fonctionnaires, la dernière classe sociale réelle, solidaire au-delà des différences », comme le souligne Jean Viard. Enfin, en tant que chefs d’entreprise, ils mettent en œuvre les compétences managériales et administratives associées à ce statut : veille juridique et réglementaire, gestion comptable et administrative, suivi des cours de marchés, stratégie de développement et d’investissements… Mais avant tout, quelles que soient les mutations, ils demeurent des amoureux de la terre, conscients d’être chargés de la plus noble des missions : nourrir la population française et, au-delà, contribuer à nourrir le monde.
 

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