La « collecte » veille aux grains | Passion Céréales

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Dossier

La « collecte » veille aux grains

Passion Céréales

À l’interface du monde agricole et des industries de transformation, la collecte et le stockage forment un maillon clé de la filière céréalière assurant ainsi la commercialisation des productions agricoles. Ces activités réparties sur l’ensemble du territoire et ancrées dans les zones de production favorisent le maintien d’une économie de proximité tout en contribuant aux performances de la filière, y compris à l’export.


La « collecte » est un terme générique familier au monde agricole qui recouvre en réalité quatre grandes activités : la collecte des grains auprès des agriculteurs, le travail de ces grains - tri, nettoyage, allotements, analyses... - leur conservation et, enfin, la commercialisation.

Ces métiers sont opérés par deux catégories d’acteurs :

  • des coopératives agricoles (2/3 des volumes collectés),
  • des négociants agrcioles (1/3 des volumes).

Les premières sont constituées d’agriculteurs adhérents qui mutualisent les moyens nécessaires au fonctionnement de la coopérative ; les secondes sont majoritairement représentées par des TPE-PME familiales auxquels s’ajoutent quelques grands groupes, dont certains de dimension internationale.

Pour exercer leurs activités, les coopératives et négociants agricoles doivent être déclarés en tant qu'organisme collecteur auprès de FranceAgriMer dans le cadre des dispositions du code rural.

Lors de la moisson les grains sont chargés dans des camions et acheminés par l’agriculteur lui-même ou par l’organisme collecteur vers les silos de stockage implantés « en bout de champ » ou dans un rayon de quelques kilomètres.

À leur arrivée les grains sont analysés, triés et répartis par lots (« allotement ») en fonction de critères qui déterminent leur qualité et, par conséquent, leur future valeur marchande : poids spécifique (rapport densité/volume), taux de protéines, aspects physiologiques…

Pour être stockés dans des conditions conformes aux normes et réglementations, les grains doivent être décortiqués, nettoyés, séchés, désinsectisés si besoin. Ces opérations nécessitent des équipements et un soin particulier afin de préserver la qualité technologique et sanitaire des grains sur toute la durée du stockage.

Il existe en France plus de 7 000 centres de collecte et/ou de stockage répartis sur la totalité du territoire, principalement au cœur des zones de production céréalière mais aussi sur des sites stratégiques tels que les terminaux céréaliers des ports fluviaux et maritimes : Dunkerque, Nantes-Saint-Nazaire, Rouen-Le Havre, Bordeaux, La Rochelle, Fos-sur-Mer, Metz, Corbeil-Essonne...

Le stockage joue un rôle de régulation des approvisionnements. Il permet de servir la demande des clients industriels à tout moment, tout au long de l’année, et pour tous les débouchés (alimentation humaine, alimentation animale, chimie du végétal…).

En France, la commercialisation des grains est assurée principalement par les organismes collecteurs. Les grains sont livrés aux sites de première transformation (moulins, semouleries, amidonneries, malteries, fabricants d’aliments pour animaux…) qui, dans la plupart des cas, sont situés à proximité des silos de stockage. Cette particularité fait de la filière céréalière française un secteur à fort ancrage territorial qui, de l’exploitation agricole à la transformation, contribue au tissu économique local et à l’emploi en zone rurale.

Pour des clients plus éloignés et pour les marchés d'export, les céréales sont transportées par différents moyens (route, fer, fluvial) dans le cadre d’une approche logistique également gérée par l’organisme collecteur (voir notre dossier « Sur la route des céréales »).

Les coopératives et négociants agricoles jouent également un rôle de conseil auprès des agriculteurs. Les conseillers agronomiques préconisateurs des entreprises du négoce ou les technico-commerciaux des coopératives, les accompagnent dans le choix des semences et de la conduite des cultures afin de les aider à répondre, à travers leur production, aux demandes du marché et à s’adapter aux contraintes et réalités locales (sol, climat…).

Par ailleurs, les collecteurs remplissent une fonction de distribution d’agrofournitures. À ce titre, ils sont habilités à conseiller et vendre aux agriculteurs les semences, les produits de fertilisation et de protection des plantes dans le cadre, là aussi, d’un accompagnement et de conseils garantissant des utilisations conformes aux réglementations et aux bonnes pratiques.

Enfin, différents services complémentaires sont proposés aux agriculteurs, tels que la formation, la mise à disposition d’outils d’aide à la décision (OAD) et d’équipements numériques, la diffusion de l’innovation au sein du monde agricole, le stockage sécurisé de produits phytosanitaire et le recyclage des emballages, le suivi des réglementations et l’information des agriculteurs…