Label bas carbone, un nouveau défi pour les cultures céréalières | Passion Céréales

Arbre dans un champ de maïs   © Pixabay par JuergenPM

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Label bas carbone, un nouveau défi pour les cultures céréalières

Lancé en 2019 par le ministère de la Transition écologique et solidaire en lien avec le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, le Label bas carbone distingue les initiatives qui contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France. Les agriculteurs céréaliers s’y sont officiellement engagés dans une approche réunissant toutes les grandes cultures.

Qu'est ce que le label bas carbone ?

 

Atteindre la neutralité carbone en 2050 : telle est la feuille de route que s’est fixée la France dans sa démarche de réduction des gaz à effet de serre (GES). Pour parvenir à cet objectif qui équivaut à baisser de 75 % les émissions de GES sur trente ans, le pays doit s’appuyer sur toutes les bonnes volontés qui, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, « contribuent à mettre en œuvre, dans tous les secteurs d’activité, la transition vers une économie bas carbone, circulaire et durable. »

Le Label bas carbone a été créé pour encourager cette dynamique en récompensant les projets qui ont un impact positif additionnel sur le climat. Son principe ? Faire émerger des leviers de réduction des émissions qui vont au-delà des bonnes pratiques déjà identifiées ou déjà mises en place. En apportant une certification officielle aux projets concernés, le label permet également de rediriger les flux financiers vers des actions favorables au climat. Par exemple, les réductions d’émissions réalisés par un projet peuvent être « achetés » par des acteurs qui souhaitent compenser leurs propres émissions de GES : ceux-ci contribuent ainsi à financer le projet.

 

Comment réduire les émissions de gaz à effets de serre de l'agriculture et stocker du carbone dans le sol ?

 

L’agriculture est, avec les transports et le logement, l’un des principaux secteurs concernés par les émissions de GES. Elle totalise en effet 19,4 % des émissions de GES, principalement sous forme de méthane (CH4), lié à l’élevage, de protoxyde d’azote (N2O) lié à la fertilisation des sols, et, dans une moindre mesure, de dioxyde de carbone (CO2), lié à l’utilisation d’énergies fossiles (Source : Haut Conseil pour le Climat, Rapport 2020, Lire également notre dossier « Climat »).

La prise de conscience par le monde agricole de la nécessité de réduire les émissions s’est concrétisée par la mise en place de dispositifs et de plans d’actions spécifiques, notamment au sein de la filière céréalière. Dans ce domaine, les grandes cultures, la forêt et d’autres systèmes de cultures comme les prairies bénéficient d’un atout décisif basé sur leur fonction naturelle de « puits de carbone ». Grâce au mécanisme de photosynthèse chlorophyllienne, les végétaux captent d’importantes quantités de carbone présent dans l’air et en stockent une partie dans les sols. À titre d’exemple, un hectare de céréales fixe 5 à 6 tonnes d’équivalent CO2 par an. 

 

Photosynthèse chlorophylienne sur une feuille - Label bas carbone

 

C'est de ce constat qu'est né l’initiative « 4 pour 1000 » dont l’objectif est d’augmenter de quatre pour mille par an les quantités de carbone fixées dans les sols, via des pratiques agricoles spécifiques  (implantation de cultures intermédiaires entre deux grandes cultures, fertilisation à base de matière organique), afin de compenser les émissions de CO2 issues das activité humaines et des énergies fossiles utilisées en agriculture (tracteurs, machines agricoles, chauffage...). 

 

Objectif du label bas carbone : certifier la réduction d'émissions réalisées par les grandes cultures 

 

Le Label bas carbone offre l’opportunité de franchir une étape supplémentaire. Partant du principe que c’est dans le secteur des grandes cultures que réside un des plus forts potentiels de stockage de carbone en France, les producteurs et leurs instituts techniques – dont Arvalis-Institut de Végétal pour les céréales – ont élaboré conjointement une méthode qui prend en compte la totalité des leviers de réduction des émissions de GES du secteur ainsi que les pratiques visant à stocker davantage de carbone. 

Ainsi que l’explique Baptiste Soenen, responsable du service Agronomie d’Arvalis-Institut du Végétal, « cette méthode dédiée aux grandes cultures s’articule avec les méthodes déjà formalisées ou en cours de rédaction, dans le secteur agricole ou les autres secteurs. Cela s’inscrit naturellement dans un mouvement plus global tel que l’initiative 4 pour 1000 ». Le projet a été déposé en fin d’année 2020 au ministère de la Transition écologique. La méthode proposée fait actuellement l’objet d’une instruction par les autorités de tutelle. Lorsqu’elle sera acceptée, elle pourra être mise en œuvre sur les exploitations de grandes cultures à travers des projets de 5 ans. Les quantités de gaz à effet de serre que ces projets permettront d’éviter ou de stocker dans les sols agricoles seront vérifiées par des organismes indépendants. Si le projet est validé, il obtiendra alors la certification associée au Label bas carbone. Rendez-vous au premier trimestre 2021...

 

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